20 novembre 2009
Travail le dimanche
Il y a très longtemps que je voulais faire partager cette réaction d'un internaute à la discussion qui s'était ouverte à propos de la libéralisation du travail le dimanche visible ici sur le site de Rue89 :
"
Je suis québécois et ici le travail
est généralisé le dimanche depuis la fin des années 1980. À
l'époque, nous avons connu sensiblement le même débat que celui
qui a court en France ces jours-ci. Bien que très à gauche, je suis
personnellement favorable au travail dominical. Permettre le travail
le dimanche ne signifie pas nécessairement accroitre la semaine de
travail. C'est toujours particulier pour un Québécois de débarquer
en France et de constater à quel point la vie s'arrête les
dimanches. Oui, on peut toujours y voire une vision idyllique d'une
journée de repos collective,mais pour ma part, j'y vois surtout
quelque chose de triste et de déprimant. C'est certain que ça peut
être bénéfique pour certaines catégories de personnes
privilégiées, celles qui ont un bon emploi rémunérateur, une vie
de famille épanouie et qui désirent se payer bubon temps en
famille. Toutefois, pour plusieurs personnes, la transformation
temporaire de la ville animée en ville fantôme a de quoi ennuyer
sérieusement. J'y vois là le caprice d'une majorité au détriment
de ceux et celles pour qui la vie n'est pas aussi rose. Certains
n'ont tout simplement pas de famille, faut pas l'oublier ! Et puis
que des commerces ouvrent le dimanche n'empêchera pas les familles
d'aller pique-niquer à la campagne. Car on sait bien que ceux qui
travailleront le dimanche seront principalement des jeunes aux
conditions précaires. Et il ne faut pas se leurrer : il y a déjà
certaines catégories de gens qui travaillent le dimanche. Le
personnel d'hôpitaux, les employés des transports en commun,
chauffeurs de taxi, policiers, pompiers, employés de restaurants,
bars, bistros, etc. Ces gens sont ainsi exclus de la majorité qui
établit ses conventions en prônant un repos collectif sacré tout
en bénéficiant des services reposant sur le travail de la minorité.
Et finalement, en plus de rendre la vie collective moins terne
permettre aux commerces d'ouvrir le dimanche permet d'offrir quelques
heures de travail à des gens aux conditions précaires, aux
travailleurs à temps partiel, aux étudiants, etc."
J'adhère totalement à ces propos. Il y a quand même de nombreux célibataires ou de couples sans enfant, dont d'ailleurs je fais partie ! Je vis avec quelqu'un qui travaille de temps en temps le dimanche et je ne suis pas mécontent d'avoir ma liberté ! Vivre en couple pour moi ce n'est pas vivre collé en permanence. Et même quand on a des enfants, je trouve qu'il est intéressant de pouvoir s'en occuper à des jours différents, seul. Avoir des moments privilégiés avec l'un puis l'autre parent n'est pas un inconvénient mais plutôt un atout. Il reste que la gauche a perdu une occasion de négocier des avantages financiers conséquents au travail dominical...
19 novembre 2009
Il y en a qui mériteraient une bonne fessée...
Ne suivant plus trop l'actualité ces derniers jours, j'ai vaguement cru comprendre qu'il était question de rendre la fessée illégale... peu importe, je n'ai rien de plus à dire que ce qu'a brillamment exprimé Nicolas.
(en parlant de Nicolas et de fessée, il y en a qui se perdent apparemment...)
17 novembre 2009
Qui a dit ... ?
"Le budget devrait être équilibré, les finances publiques devraient être comblées, la dette publique devrait être réduite, l'arrogance de l'administration devrait être abolie et contrôlée, et l'aide aux pays étrangers devrait être diminuée de peur que Rome ne tombe en faillite.
Les gens doivent encore apprendre à travailler, au lieu de vivre sur l'aide publique."
13 novembre 2009
Qui sommes-nous ? Considérations sur l'identité nationale. (3/3)
Un débat nécessaire à notre temps ?
Que le débat sur l'identité nationale réapparaisse, que l'on pose
des questions sur les valeurs qui sont le socle intangible de la République,
n'est-ce pas là le symptôme d'une Nation qui se cherche et qui douterait
d'elle-même ? La pire erreur consisterait à ne pas participer à ce débat. Cela
reviendrait à laisser le champ libre aux expressions qui prônent un repli
égoïste et frileux sur un quant-à-soi franco-français et le rejet de l'autre.
La France, terre d'accueil, s'est bâtie en accueillant l'étranger qui
souhaitait s'y installer. Il ne faut pas nier le fait que des problèmes
d'intégration existent encore actuellement. Mais forts de nos valeurs, nous
avons le devoir de rechercher ensemble les solutions en vue de faciliter
l'intégration de celui qui aspire à devenir un citoyen français.
Dans un entretien publié sur le site nouvelobs.com, Michel Rocard met en garde contre les dérives possibles du
débat en cours : « Ma crainte, c'est qu'on mette des frontières là
où il n'en faut pas. C'est que parler de l'identité nationale nous
convainque qu'il y a une substance de plus, quelque chose de qualitativement
différent, entre ceux qui sont Français et ceux qui ne le seraient pas mais
habiteraient quand même notre territoire. C'est ça le risque. Car l'enjeu,
c'est une insertion décente de tous ces gens, comme nous l'avons toujours fait. »
Diderot
écrivit qu'il fallait prendre le froc du pays où l'on va, et garder celui du
pays où on est. Vivre en France, c'est consentir à en accepter librement les
valeurs. Quiconque a, en France, le droit de conserver la culture dont il est
issu et il n'a pas à renier ses origines dès lors qu'il respecte les valeurs
républicaines. Au premier rang de ces valeurs, nous devons affirmer la place
essentielle de la laïcité car elle seule permettra d'éviter que des
communautarismes ne parviennent à saper un jour les fondements du vivre
ensemble.
Il ne faut jamais perdre de vue que la France telle que nous
la connaissons aujourd'hui s'est construite par apports successifs de
populations qui ont décidé, volontairement, ou par nécessité, de s'y établir.
Un passé pour le présent... Et demain ?
L'identité nationale repose sur des valeurs communes.
L'histoire de France s'appuie sur une mémoire collective mais aussi, c'est
important, sur l'histoire de groupes qui sont des composantes du peuple
français.
Une citation de l'historien Fernand Braudel permet de
mesurer à quel point le peuple de notre pays aura toujours pu se réconcilier en
dépit de certaines divisions qui le firent s'entredéchirer au cours de
l'histoire : « Toute nation est divisée, vit de l'être. Mais la France
illustre trop bien la règle : protestants contre catholiques, jansénistes
contre jésuites, bleus contre rouges, républicains contre royalistes, droite
contre gauche, dreyfusards contre antidreyfusards, collaborateurs contre
résistants. La division est dans la maison française, dont l'unité n'est qu'une
enveloppe, une superstructure, un pari. » (L'identité de la France,
1986)
Rien n'est jamais acquis. Faisons en sorte que le pari dont
fait état l'historien soit couronné de succès.
Le débat actuel pourra aboutir à dresser un état des lieux
de ce que nous sommes à un instant précis de notre histoire. L'erreur serait de
vouloir cristalliser l'identité nationale en la réduisant à la définition de
critères qui pourraient aboutir à exclure l'autre.
Notre identité nationale, les valeurs communes reçues en
héritage doivent nous permettre de faire face ensemble à tous les défis à
venir, ici en France, mais aussi au sein de l'Europe et dans le concert mondial
des Nations en ce début de XXI° siècle.
Thierry P.
Merci à Florent qui a accepté d'ouvrir ses colonnes pour
héberger cette série de billets.
Qui sommes-nous ? Considérations sur l'identité nationale. (2/3)
L'identité
nationale est-elle figée, doit-elle l'être ?
Les remarques
lues et entendues actuellement valent pour le présent. Mais il ne faut pas
oublier que l'identité nationale est une construction théorique conjuguant
plusieurs éléments qui ont pu varier au fil du temps.
Par exemple,
il est admis que le noyau originel de ce qui allait constituer la France
apparaît à la signature du Traité de Verdun en 843 qui partage l'Empire Carolingien
en trois entités territoriales au profit des petits-fils de Charlemagne. Mais
le texte de ce traité est aussi fondateur dans la mesure où il reconnut
l'existence de deux pôles linguistiques et culturels qui avaient commencé à
développer leurs différences (le français à l'ouest, le germanique à l'est).
Sans entrer
dans tous les détails de l'histoire de France pendant 1000 ans, il faut souligner que l'une des caractéristiques de
la monarchie de l'Ancien Régime (de Charles le Chauve à Louis XVI) résidait
dans le fait que l'identité nationale se confondait avec la personne du
souverain.
Est éclairante
à ce titre la déclaration d'Henri IV à ses nouveaux sujets de la Bresse, du
Bugey et du Pays de Gex (territoires rattachés au Royaume de France par le
Traité de Lyon de 1601) : « Il était raisonnable que puisque vous
parlez naturellement le français, vous fussiez sujets au roi de France. Je veux
bien que la langue espagnole demeure à l'Espagne, l'allemande à l'Allemagne, mais
la française doit être à moi ».
1789 marque un
tournant dans notre histoire nationale en établissant les nouvelles règles d'un
gouvernement basé sur les principes énoncés notamment par la Déclaration des
droits de l'homme et du citoyen du 26 août 1789. Ces principes sont encore les
nôtres. Qui songerait à effacer des frontons de nos mairies les mots du
triptyque républicain, Liberté-Egalité-Fraternité ? A noter pourtant que l'Etat
Français, page sombre de notre histoire, essaya d'imposer les valeurs de la
Révolution Nationale (Travail-Famille-Patrie) au détriment des valeurs issues
de la Révolution Française.
C'est sous la
III° République, alors que notre pays avait subi une défaite à Sedan face à la
Prusse (perte de l'Alsace-Moselle au Traité de Francfort en 1871), que furent
dégagés les traits dominants sur lesquels repose l'identité nationale.
En guise
d'illustration, voici trois extraits de la magistrale Conférence donnée le 11
mars 1882 par Ernest Renan à la Sorbonne : "Qu'est-ce qu'une nation
?"
- 1. Sur la
constitution d'une Nation : « La nation moderne est donc un résultat
historique amené par une série de faits convergeant dans le même sens. »
Chapitre I
- 2. Sur l'essence de la Nation : « La terre fournit
le substratum, le champ de la lutte et du travail ; l'homme fournit l'âme. L'homme
est tout dans la formation de cette chose sacrée qu'on appelle un peuple. Rien
de matériel n'y suffit. Une nation est un principe spirituel, résultant des
complications profondes de l'histoire, une famille spirituelle, non un groupe
déterminé par la configuration du sol. » Chapitre II
- 3. Sur
l'expérience passée et le vivre ensemble : « Une nation est donc une
grande solidarité, constituée par le sentiment des sacrifices qu'on a faits et
de ceux qu'on est disposé à faire encore. Elle suppose un passé ; elle se
résume pourtant dans le présent par un fait tangible : le consentement, le
désir clairement exprimé de continuer la vie commune. » Chapitre III
A suivre...
Thierry P.
Qui sommes-nous ? Considérations sur l'identité nationale. (1/3)
« Ah !
Ah ! Monsieur est Persan ? c'est une chose bien extraordinaire !
Comment peut-on être Persan ? » Montesquieu, Lettres Persanes,
XXX.
Un débat
opportun ?
Le débat sur l'identité nationale vient d'être
relancé par Eric Besson, qui donne le sens de la démarche qu'il entend initier en
déclarant qu'il « faut réaffirmer les valeurs de l'identité nationale
et la fierté d'être français ».
Il paraît nécessaire de se demander si un tel débat était opportun et s'il ne
contribuera pas à soulever le couvercle de la boite de Pandore en suscitant une
confusion entre la réflexion sur l'identité nationale et la question de
l'immigration ?
Peut-on
traiter de l'identité nationale indépendamment des questions relatives aux motivations qui auraient
poussé le Gouvernement à ouvrir de nouveau ce débat à quelques mois d'une
échéance électorale ?
Enfin, est-il
pertinent d'initier une réflexion qui pourrait accréditer l'idée que le
Gouvernement chercherait in fine à figer l'identité nationale à travers
la définition de critères réducteurs qui tendraient à exclure l'autre à terme ?
Certains,
comme Michel Rocard, Alain Juppé ou François
Bayrou,
ont affirmé que ce débat n'avait pas (plus ?) lieu d'être car la question était
entendue.
Toutefois, une
question se pose. Peut-on aller de l'avant dans la marche du monde si nous
n'avons plus conscience de ce qui constitue le socle de notre identité en ce
début de XXI° siècle ? Ces valeurs doivent-elles être pour autant réactualisées
ou simplement ne doivent-elles qu'être réaffirmées à l'aune des mutations qu'a
connu notre Nation ?
La question
est loin d'être secondaire pour nos concitoyens si l'on considère le résultat
d'un sondage paru dans le Parisien. Ce sondage
révèle en effet que plus de 60% des français seraient favorables à la tenue
d'un débat sur l'identité nationale (50 % des sympathisants de gauche, 70 %
de ceux du MoDem et 72 % de ceux de la droite).
Porter notre
regard sur ce qui constitue l'essence de notre identité nationale ne doit en
aucun cas avoir pour finalité de rejeter l'autre, l'étranger.
Sur quelles
valeurs est fondée l'identité nationale ?
Dans un
entretien accordé au Monde (édition des 24-25 mars 1985), Fernand Braudel
faisait ce constat : « L'identité nationale relève-t-elle de nos
fantasmes collectifs ? Il y a des fantasmes et il y a autre chose. Si j'ai
raison dans ma vision de l'identité française, quels que soient nos pensées,
nos fantasmes, il y a une réalité sous-jacente de la culture, de la politique
de la société française. »
Au préalable,
il convient donc de rechercher quelles sont les valeurs propres qui font que le
peuple français a ce caractère singulier qui le différencie des autres peuples.
Ces valeurs sont celles notamment énumérées à l'article
premier de la Constitution du 4 octobre 1958 qui dispose que : « La
France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle
assure l'égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d'origine,
de race ou de religion. Elle respecte toutes les croyances. Son organisation est
décentralisée.
La loi favorise l'égal accès des femmes et des hommes aux
mandats électoraux et fonctions électives, ainsi qu'aux responsabilités
professionnelles et sociales. »
L'identité
nationale repose essentiellement sur la conscience que les citoyens en ont.
Comme l'a écrit Jean Bodin (1529-1596) : "Il n'est de richesses que
d'hommes".
Qu'est-ce qui
concourt à faire que des hommes et des femmes qui vivent sur le même
territoire, qui ont reçu la mémoire d'une certaine histoire et qui s'expriment
dans la même langue partagent des valeurs communes qui fondent le vivre
ensemble ?
L'identité
nationale s'affirme en s'appuyant sur un ensemble de facteurs tels que la
géographie (la France telle que nous la connaissons aujourd'hui), l'histoire
multiséculaire (le fameux « Nos ancêtres les Gaulois », etc.), la
langue française qui s'est ciselée au cours du temps et des valeurs
républicaines qui s'inscrivent dans le droit-fil de l'héritage de 1789
(Déclaration des droits de l'homme et du citoyen).
A suivre...
Thierry P.
Il n'y a pas d'identité nationale française
Tout simplement parce que
cette notion est évolutive dans le temps (à l'échelle de l'Histoire ou même de
quelques générations) et propre à chacun... il suffit d'écouter n'importe
quelle conversation pour constater qu'il y a de nombreuses conceptions (et
mises en pratique) en présence... cela recoupe plus ou moins les
positionnements politiques d'ailleurs.
Alors, on peut bien essayer
de trouver le plus petit dénominateur commun à tout ce petit monde, mais il ne
reste pas grand chose : quelques valeurs et critères très généraux même pas
toujours remplis, tels que liberté, égalité, fraternité, laïcité, respect de la
loi et de la DDHC, maîtrise de la langue, repères culturels... même avec ça on
exclut encore pas mal de monde qui a pourtant sa carte en règle !
D'ailleurs c'est n'importe
quoi cette notion d'identité : pourquoi chercher à se distinguer ? Nous sommes
tous membres de la communauté humaine, point ! C'est malsain de chercher à
ériger des barrières entre des groupes, à exclure l'autre...
Attention cela n'empêche pas
l'établissement de frontières en termes administratifs et politiques (il faut
bien contrôler les flux de population et organiser le fonctionnement de la
société), mais ce n'est pas l'objet de ce débat qui touche à des notions plus
proches de l'essence des gens (sans forcément faire appel à la notion de sang
ou de race, je précise) ce qui est beaucoup plus délicat à traiter...
Car ce n'est pas d'un
"projet commun" dont il s'agit, comme on peut l'entendre ici ou là :
il n'y a aucune volonté partagée (il suffit de reprendre l'exemple des
électorats politiques), la notion de vivre ensemble n'est qu'une mascarade, un
avatar de plus de cette insupportable bien-pensance qui cherche à s'immiscer
jusque dans les détails des rapports inter-individuels au mépris du
libre-arbitre le plus élémentaire.
Je censure le reste de ce
billet, pour des motifs que j'exposerai peut-être une autre fois. Je ne
participerai pas plus à ce débat que je trouve inutile (puisque sans objet) et
déplacé (pas seulement parce qu'il s'agit d'une minable stratégie électoraliste
de la part du pouvoir en place), même si je considère que ces sujets ne sont
pas le domaine réservé de l'extrême droite (à ce titre les questions plus
directement relatives à l'immigration sont bien plus importantes et fécondes). Je
vais laisser la parole à d'autres, en particulier Thierry P. pour un triptyque
érudit comme il sait en concocter. J'ai également trouvé des éléments
intéressants dans certains propos de Michel
Rocard et de Jacques Attali.
Ah si un dernier truc : il règne
manifestement une grande confusion dans la tête de la plupart des gens (à
commencer par votre serviteur) au sujet des notions de peuple, nation, état,
république, démocratie, citoyenneté, nationalité... si bien qu'aucune réflexion
digne de ce nom ne saurait avoir lieu tant que ce gloubi-boulga n'aura pas été
clarifié et ordonné.
Etre démocrate, c'est pouvoir bosser avec Le Pen, Meirieu et Besancenot
A condition qu'ils en aient
la légitimité (élection par les citoyens dont ils seraient alors les
représentants) et qu'il y ait des points de convergence évidemment.
Je ne répondrai pas tout de
suite à la chaîne lancée par Nemo et dans laquelle m'a tagué Vincent. Mais je
peux déjà dire ceci, sous réserve que les conditions énoncées ci-dessus soient
remplies : il n'y a aucune raison valable pour refuser de voter un texte que
l'on approuve et joindre ainsi ses voix à celles d'untel ou d'untel (légitimement
élus) sous prétexte que l'on est en désaccord avec (et parfois jusqu'à
combattre fermement) certaines de leurs positions sur d'autres sujets. Il faut
apprendre à dissocier les divers aspects des personnes ou des mouvements
politiques, sinon on se retrouve chacun dans son coin en minorité et on
n'avance pas (ou alors on admet qu'une majorité monolithique impose
mécaniquement sa loi). C'est comme pour les artistes pédophiles ou antisémites
: leurs actes et leurs propos ont beau être révulsants, cela n'enlève rien à la
qualité artistique de leurs oeuvres, qu'il serait absurde de boycotter et de
soustraire au patrimoine culturel de l'humanité. Il faut savoir de quoi l'on
parle et où s'arrête précisément la coopération ou l'appréciation, cette
circonscription empêchant ainsi de cautionner le reste.
La logique du cordon
sanitaire et la diabolisation sont contre-productives (je rejoins l'impétueuse
Danièle Douet) et anti-démocratiques (je rejoins l'ineffable Jean-François Kahn
dans ses propos sur le stalinisme et le terrorisme intellectuel). Les idées
sont intéressantes, ou non, en elles-mêmes et indépendamment de leur
provenance.
Donc, il s'agit simplement de
permettre l'exercice de la démocratie en défendant des majorités d'idées,
ponctuelles et mouvantes, en fonction de la représentation élue par les
citoyens, qui est par nature légitime à cela - ce qui suppose toutefois un mode
de scrutin plus juste que ceux qui existent actuellement... et plus encore de
refuser le hold-up sur la démocratie auquel est train de se livrer le pouvoir
actuel avec son projet de bouclier électoral scrutin uninominal à un tour.
11 novembre 2009
Le syndrome du Titanic n'est pas un film écologiste
J'aurais dû faire ce billet
plus tôt car cela fait plus d'une semaine que j'ai vu ce film et mes souvenirs
s'estompent... mais cela peut être intéressant de voir aussi ce qu'un film a de
marquant et laisse réellement comme trace dans la mémoire, au-delà des moments
qui le suivent immédiatement. En l'occurrence, pas grand chose...
Ce qui m'a le plus surpris
dans cette oeuvre de Nicolas Hulot, c'est qu'il ne s'agit pas d'un documentaire
écologiste : rien à voir avec Home, l'environnement est très peu montré et les
problématiques afférentes assez peu abordées. C'est surtout la question sociale
qui est traitée : d'une part l'absurdité et les excès de la société de
consommation dans les pays industrialisés, d'autre part la misère et les
tourments insoutenables dans les autres pays mais aussi dans ces mêmes pays
dits développés - contrastes saisissants et perturbants... Car ce film est tout
sauf agréable à voir. Sur la forme, avec un enchaînement haché et souvent
brutal des séquences, accompagné de sonorités agressives lors des transitions,
tandis que le commentaire, rare, est effectué d'une voix monotone et souvent
rauque (je n'ai jamais regardé ses émissions sur TF1 donc je ne peux pas comparer).
Sur le fond, avec des images étourdissantes ou poignantes, difficilement
supportables tant ce qu'elles révèlent ou rappellent est inadmissible au XXIème
siècle. Certains pourront l'accuser de pessimisme, de misanthropie ou je ne
sais quelle dérive idéologique. Pourtant il ne fait que montrer : que cela
dérange ou pas, ces situations sont bien réelles, et on ne peut les occulter
égoïstement.
J'avais lu son livre portant
le même titre il y a quelques années, et je l'avais trouvé bien plus
intéressant et explicatif. Par ailleurs ce film ne m'a rien appris de
particulier : les situations décrites sont déjà connues et relativement
médiatisées. Pour autant, il ne me semble pas inutile : bien que portant le même
titre que le livre, je crois qu'il n'avait pas vocation à le convertir, comme
on porte parfois des romans à l'écran, en fait il s'agit d'un autre projet ; de
plus, face à ces situations, une piqûre de rappel de l'opinion occidentale
n'est jamais superflue, notamment dans le contexte actuel ; surtout, il
constitue une sorte de réponse aux détracteurs des écologistes qui les accusent
de ne pas prendre en compte la question sociale et de négliger les aspects
humains, car il montre ainsi que le développement durable intègre bel et bien la
dimension sociale qui constitue l'un de ses trois piliers fondamentaux. On
pourrait lui reprocher de ne pas apporter de réponse aux problèmes évoqués ;
mais peut-être n'est-ce pas son rôle... et poser le diagnostic est déjà une
première étape, importante lorsque même le point de départ n'est pas forcément partagé...
03 novembre 2009
Je n'irai pas au congrès d'Arras.
C'est à grand regret (certains pourraient témoigner de mon assiduité à Villepinte par exemple) mais je n'ai pas les moyens de prendre deux nuits d'hôtel ni trois aller-retours en train... dont les horaires ne permettraient d'ailleurs pas d'arriver à l'heure tous les jours. A moins que les fédérations franciliennes, fortes de milliers d'adhérents donc vraisemblablement de dizaines de participants, n'organisent des trajets en bus, comme cela a été fait pour les dernières universités de rentrée (beaucoup plus éloignées) ? Si rien de tel n'est fait, je tenterai sans doute un petit aller-retour le samedi ou le dimanche pour rencontrer d'éventuels participants blogueurs en dehors (repas de midi ou autre), mais il va falloir s'organiser rapidement ^^'