ataraxosphere

Le blog de Frédéric Kelder (ex-candidat MoDem du canton Aubervilliers Ouest en 2008) et de Florent Zanetti (résident de Paris 13ème). Réflexions citoyennes pragmatiques, sans tabou ni clanisme.

20 novembre 2009

Travail le dimanche

Il y a très longtemps que je voulais faire partager cette réaction d'un internaute à la discussion qui s'était ouverte à propos de la libéralisation du travail le dimanche visible ici sur le site de Rue89 :
"

Je suis québécois et ici le travail est généralisé le dimanche depuis la fin des années 1980. À l'époque, nous avons connu sensiblement le même débat que celui qui a court en France ces jours-ci. Bien que très à gauche, je suis personnellement favorable au travail dominical. Permettre le travail le dimanche ne signifie pas nécessairement accroitre la semaine de travail. C'est toujours particulier pour un Québécois de débarquer en France et de constater à quel point la vie s'arrête les dimanches. Oui, on peut toujours y voire une vision idyllique d'une journée de repos collective,mais pour ma part, j'y vois surtout quelque chose de triste et de déprimant. C'est certain que ça peut être bénéfique pour certaines catégories de personnes privilégiées, celles qui ont un bon emploi rémunérateur, une vie de famille épanouie et qui désirent se payer bubon temps en famille. Toutefois, pour plusieurs personnes, la transformation temporaire de la ville animée en ville fantôme a de quoi ennuyer sérieusement. J'y vois là le caprice d'une majorité au détriment de ceux et celles pour qui la vie n'est pas aussi rose. Certains n'ont tout simplement pas de famille, faut pas l'oublier ! Et puis que des commerces ouvrent le dimanche n'empêchera pas les familles d'aller pique-niquer à la campagne. Car on sait bien que ceux qui travailleront le dimanche seront principalement des jeunes aux conditions précaires. Et il ne faut pas se leurrer : il y a déjà certaines catégories de gens qui travaillent le dimanche. Le personnel d'hôpitaux, les employés des transports en commun, chauffeurs de taxi, policiers, pompiers, employés de restaurants, bars, bistros, etc. Ces gens sont ainsi exclus de la majorité qui établit ses conventions en prônant un repos collectif sacré tout en bénéficiant des services reposant sur le travail de la minorité. Et finalement, en plus de rendre la vie collective moins terne permettre aux commerces d'ouvrir le dimanche permet d'offrir quelques heures de travail à des gens aux conditions précaires, aux travailleurs à temps partiel, aux étudiants, etc."
J'adhère totalement à ces propos. Il y a quand même de nombreux célibataires ou de couples sans enfant, dont d'ailleurs je fais partie ! Je vis avec quelqu'un qui travaille de temps en temps le dimanche et je ne suis pas mécontent d'avoir ma liberté ! Vivre en couple pour moi ce n'est pas vivre collé en permanence. Et même quand on a des enfants, je trouve qu'il est intéressant de pouvoir s'en occuper à des jours différents, seul. Avoir des moments privilégiés avec l'un puis l'autre parent n'est pas un inconvénient mais plutôt un atout. Il reste que la gauche a perdu une occasion de négocier des avantages financiers conséquents au travail dominical...

Posté par fkelder à 22:45 - Economie et Travail - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

19 novembre 2009

Il y en a qui mériteraient une bonne fessée...

Ne suivant plus trop l'actualité ces derniers jours, j'ai vaguement cru comprendre qu'il était question de rendre la fessée illégale... peu importe, je n'ai rien de plus à dire que ce qu'a brillamment exprimé Nicolas.

(en parlant de Nicolas et de fessée, il y en a qui se perdent apparemment...)

Posté par fzanetti à 01:00 - Société - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

17 novembre 2009

Qui a dit ... ?

"Le budget devrait être équilibré, les finances publiques devraient être comblées, la dette publique devrait être réduite, l'arrogance de l'administration devrait être abolie et contrôlée, et l'aide aux pays étrangers devrait être diminuée de peur que Rome ne tombe en faillite.
Les gens doivent encore apprendre à travailler, au lieu de vivre sur l'aide publique."

Posté par fzanetti à 18:21 - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

13 novembre 2009

Qui sommes-nous ? Considérations sur l'identité nationale. (3/3)

Un débat nécessaire à notre temps ?

 

Que le débat sur l'identité nationale réapparaisse, que l'on pose des questions sur les valeurs qui sont le socle intangible de la République, n'est-ce pas là le symptôme d'une Nation qui se cherche et qui douterait d'elle-même ? La pire erreur consisterait à ne pas participer à ce débat. Cela reviendrait à laisser le champ libre aux expressions qui prônent un repli égoïste et frileux sur un quant-à-soi franco-français et le rejet de l'autre. La France, terre d'accueil, s'est bâtie en accueillant l'étranger qui souhaitait s'y installer. Il ne faut pas nier le fait que des problèmes d'intégration existent encore actuellement. Mais forts de nos valeurs, nous avons le devoir de rechercher ensemble les solutions en vue de faciliter l'intégration de celui qui aspire à devenir un citoyen français.

Dans un entretien publié sur le site nouvelobs.com, Michel Rocard met en garde contre les dérives possibles du débat en cours : « Ma crainte, c'est qu'on mette des frontières là où il n'en faut pas. C'est que parler de l'identité nationale nous convainque qu'il y a une substance de plus, quelque chose de qualitativement différent, entre ceux qui sont Français et ceux qui ne le seraient pas mais habiteraient quand même notre territoire. C'est ça le risque. Car l'enjeu, c'est une insertion décente de tous ces gens, comme nous l'avons toujours fait. »

 

Diderot écrivit qu'il fallait prendre le froc du pays où l'on va, et garder celui du pays où on est. Vivre en France, c'est consentir à en accepter librement les valeurs. Quiconque a, en France, le droit de conserver la culture dont il est issu et il n'a pas à renier ses origines dès lors qu'il respecte les valeurs républicaines. Au premier rang de ces valeurs, nous devons affirmer la place essentielle de la laïcité car elle seule permettra d'éviter que des communautarismes ne parviennent à saper un jour les fondements du vivre ensemble.

Il ne faut jamais perdre de vue que la France telle que nous la connaissons aujourd'hui s'est construite par apports successifs de populations qui ont décidé, volontairement, ou par nécessité, de s'y établir.

 

Un passé pour le présent... Et demain ?

 

L'identité nationale repose sur des valeurs communes. L'histoire de France s'appuie sur une mémoire collective mais aussi, c'est important, sur l'histoire de groupes qui sont des composantes du peuple français.

Une citation de l'historien Fernand Braudel permet de mesurer à quel point le peuple de notre pays aura toujours pu se réconcilier en dépit de certaines divisions qui le firent s'entredéchirer au cours de l'histoire : « Toute nation est divisée, vit de l'être. Mais la France illustre trop bien la règle : protestants contre catholiques, jansénistes contre jésuites, bleus contre rouges, républicains contre royalistes, droite contre gauche, dreyfusards contre antidreyfusards, collaborateurs contre résistants. La division est dans la maison française, dont l'unité n'est qu'une enveloppe, une superstructure, un pari. » (L'identité de la France, 1986)

Rien n'est jamais acquis. Faisons en sorte que le pari dont fait état l'historien soit couronné de succès.

Le débat actuel pourra aboutir à dresser un état des lieux de ce que nous sommes à un instant précis de notre histoire. L'erreur serait de vouloir cristalliser l'identité nationale en la réduisant à la définition de critères qui pourraient aboutir à exclure l'autre.

Notre identité nationale, les valeurs communes reçues en héritage doivent nous permettre de faire face ensemble à tous les défis à venir, ici en France, mais aussi au sein de l'Europe et dans le concert mondial des Nations en ce début de XXI° siècle.

Thierry P.

 

Merci à Florent qui a accepté d'ouvrir ses colonnes pour héberger cette série de billets.

Posté par fzanetti à 04:22 - Immigration et nationalité - Commentaires [11] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Qui sommes-nous ? Considérations sur l'identité nationale. (2/3)

L'identité nationale est-elle figée, doit-elle l'être ?

 

Les remarques lues et entendues actuellement valent pour le présent. Mais il ne faut pas oublier que l'identité nationale est une construction théorique conjuguant plusieurs éléments qui ont pu varier au fil du temps.

Par exemple, il est admis que le noyau originel de ce qui allait constituer la France apparaît à la signature du Traité de Verdun en 843 qui partage l'Empire Carolingien en trois entités territoriales au profit des petits-fils de Charlemagne. Mais le texte de ce traité est aussi fondateur dans la mesure où il reconnut l'existence de deux pôles linguistiques et culturels qui avaient commencé à développer leurs différences (le français à l'ouest, le germanique à l'est).

Sans entrer dans tous les détails de l'histoire de France pendant 1000 ans, il faut souligner que l'une des caractéristiques de la monarchie de l'Ancien Régime (de Charles le Chauve à Louis XVI) résidait dans le fait que l'identité nationale se confondait avec la personne du souverain.

Est éclairante à ce titre la déclaration d'Henri IV à ses nouveaux sujets de la Bresse, du Bugey et du Pays de Gex (territoires rattachés au Royaume de France par le Traité de Lyon de 1601) : « Il était raisonnable que puisque vous parlez naturellement le français, vous fussiez sujets au roi de France. Je veux bien que la langue espagnole demeure à l'Espagne, l'allemande à l'Allemagne, mais la française doit être à moi ».

 

1789 marque un tournant dans notre histoire nationale en établissant les nouvelles règles d'un gouvernement basé sur les principes énoncés notamment par la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen du 26 août 1789. Ces principes sont encore les nôtres. Qui songerait à effacer des frontons de nos mairies les mots du triptyque républicain, Liberté-Egalité-Fraternité ? A noter pourtant que l'Etat Français, page sombre de notre histoire, essaya d'imposer les valeurs de la Révolution Nationale (Travail-Famille-Patrie) au détriment des valeurs issues de la Révolution Française.

 

C'est sous la III° République, alors que notre pays avait subi une défaite à Sedan face à la Prusse (perte de l'Alsace-Moselle au Traité de Francfort en 1871), que furent dégagés les traits dominants sur lesquels repose l'identité nationale.

En guise d'illustration, voici trois extraits de la magistrale Conférence donnée le 11 mars 1882 par Ernest Renan à la Sorbonne : "Qu'est-ce qu'une nation ?"

- 1. Sur la constitution d'une Nation : « La nation moderne est donc un résultat historique amené par une série de faits convergeant dans le même sens. » Chapitre I

- 2. Sur l'essence de la Nation : « La terre fournit le substratum, le champ de la lutte et du travail ; l'homme fournit l'âme. L'homme est tout dans la formation de cette chose sacrée qu'on appelle un peuple. Rien de matériel n'y suffit. Une nation est un principe spirituel, résultant des complications profondes de l'histoire, une famille spirituelle, non un groupe déterminé par la configuration du sol. » Chapitre II

- 3. Sur l'expérience passée et le vivre ensemble : « Une nation est donc une grande solidarité, constituée par le sentiment des sacrifices qu'on a faits et de ceux qu'on est disposé à faire encore. Elle suppose un passé ; elle se résume pourtant dans le présent par un fait tangible : le consentement, le désir clairement exprimé de continuer la vie commune. » Chapitre III

A suivre...

Thierry P.

Posté par fzanetti à 04:21 - Immigration et nationalité - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Qui sommes-nous ? Considérations sur l'identité nationale. (1/3)

« Ah ! Ah ! Monsieur est Persan ? c'est une chose bien extraordinaire ! Comment peut-on être Persan ? » Montesquieu, Lettres Persanes, XXX.

 

Un débat opportun ?

 

Le débat sur l'identité nationale vient d'être relancé par Eric Besson, qui donne le sens de la démarche qu'il entend initier en déclarant qu'il « faut réaffirmer les valeurs de l'identité nationale et la fierté d'être français ». Il paraît nécessaire de se demander si un tel débat était opportun et s'il ne contribuera pas à soulever le couvercle de la boite de Pandore en suscitant une confusion entre la réflexion sur l'identité nationale et la question de l'immigration ?

Peut-on traiter de l'identité nationale indépendamment des questions relatives aux motivations qui auraient poussé le Gouvernement à ouvrir de nouveau ce débat à quelques mois d'une échéance électorale ?

Enfin, est-il pertinent d'initier une réflexion qui pourrait accréditer l'idée que le Gouvernement chercherait in fine à figer l'identité nationale à travers la définition de critères réducteurs qui tendraient à exclure l'autre à terme ?

Certains, comme Michel Rocard, Alain Juppé ou François Bayrou, ont affirmé que ce débat n'avait pas (plus ?) lieu d'être car la question était entendue.

Toutefois, une question se pose. Peut-on aller de l'avant dans la marche du monde si nous n'avons plus conscience de ce qui constitue le socle de notre identité en ce début de XXI° siècle ? Ces valeurs doivent-elles être pour autant réactualisées ou simplement ne doivent-elles qu'être réaffirmées à l'aune des mutations qu'a connu notre Nation ?

La question est loin d'être secondaire pour nos concitoyens si l'on considère le résultat d'un sondage paru dans le Parisien. Ce sondage révèle en effet que plus de 60% des français seraient favorables à la tenue d'un débat sur l'identité nationale (50 % des sympathisants de gauche, 70 % de ceux du MoDem et 72 % de ceux de la droite).

Porter notre regard sur ce qui constitue l'essence de notre identité nationale ne doit en aucun cas avoir pour finalité de rejeter l'autre, l'étranger.

 

Sur quelles valeurs est fondée l'identité nationale ?

 

Dans un entretien accordé au Monde (édition des 24-25 mars 1985), Fernand Braudel faisait ce constat : « L'identité nationale relève-t-elle de nos fantasmes collectifs ? Il y a des fantasmes et il y a autre chose. Si j'ai raison dans ma vision de l'identité française, quels que soient nos pensées, nos fantasmes, il y a une réalité sous-jacente de la culture, de la politique de la société française. »

 

Au préalable, il convient donc de rechercher quelles sont les valeurs propres qui font que le peuple français a ce caractère singulier qui le différencie des autres peuples.

Ces valeurs sont celles notamment énumérées à l'article premier de la Constitution du 4 octobre 1958 qui dispose que : « La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l'égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d'origine, de race ou de religion. Elle respecte toutes les croyances. Son organisation est décentralisée.

La loi favorise l'égal accès des femmes et des hommes aux mandats électoraux et fonctions électives, ainsi qu'aux responsabilités professionnelles et sociales. »

 

L'identité nationale repose essentiellement sur la conscience que les citoyens en ont. Comme l'a écrit Jean Bodin (1529-1596) : "Il n'est de richesses que d'hommes".

Qu'est-ce qui concourt à faire que des hommes et des femmes qui vivent sur le même territoire, qui ont reçu la mémoire d'une certaine histoire et qui s'expriment dans la même langue partagent des valeurs communes qui fondent le vivre ensemble ?

L'identité nationale s'affirme en s'appuyant sur un ensemble de facteurs tels que la géographie (la France telle que nous la connaissons aujourd'hui), l'histoire multiséculaire (le fameux « Nos ancêtres les Gaulois », etc.), la langue française qui s'est ciselée au cours du temps et des valeurs républicaines qui s'inscrivent dans le droit-fil de l'héritage de 1789 (Déclaration des droits de l'homme et du citoyen).

 

A suivre...

Thierry P.

Posté par fzanetti à 04:20 - Immigration et nationalité - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Il n'y a pas d'identité nationale française

   Tout simplement parce que cette notion est évolutive dans le temps (à l'échelle de l'Histoire ou même de quelques générations) et propre à chacun... il suffit d'écouter n'importe quelle conversation pour constater qu'il y a de nombreuses conceptions (et mises en pratique) en présence... cela recoupe plus ou moins les positionnements politiques d'ailleurs.

   Alors, on peut bien essayer de trouver le plus petit dénominateur commun à tout ce petit monde, mais il ne reste pas grand chose : quelques valeurs et critères très généraux même pas toujours remplis, tels que liberté, égalité, fraternité, laïcité, respect de la loi et de la DDHC, maîtrise de la langue, repères culturels... même avec ça on exclut encore pas mal de monde qui a pourtant sa carte en règle !

   D'ailleurs c'est n'importe quoi cette notion d'identité : pourquoi chercher à se distinguer ? Nous sommes tous membres de la communauté humaine, point ! C'est malsain de chercher à ériger des barrières entre des groupes, à exclure l'autre...

   Attention cela n'empêche pas l'établissement de frontières en termes administratifs et politiques (il faut bien contrôler les flux de population et organiser le fonctionnement de la société), mais ce n'est pas l'objet de ce débat qui touche à des notions plus proches de l'essence des gens (sans forcément faire appel à la notion de sang ou de race, je précise) ce qui est beaucoup plus délicat à traiter...

   Car ce n'est pas d'un "projet commun" dont il s'agit, comme on peut l'entendre ici ou là : il n'y a aucune volonté partagée (il suffit de reprendre l'exemple des électorats politiques), la notion de vivre ensemble n'est qu'une mascarade, un avatar de plus de cette insupportable bien-pensance qui cherche à s'immiscer jusque dans les détails des rapports inter-individuels au mépris du libre-arbitre le plus élémentaire.

   Je censure le reste de ce billet, pour des motifs que j'exposerai peut-être une autre fois. Je ne participerai pas plus à ce débat que je trouve inutile (puisque sans objet) et déplacé (pas seulement parce qu'il s'agit d'une minable stratégie électoraliste de la part du pouvoir en place), même si je considère que ces sujets ne sont pas le domaine réservé de l'extrême droite (à ce titre les questions plus directement relatives à l'immigration sont bien plus importantes et fécondes). Je vais laisser la parole à d'autres, en particulier Thierry P. pour un triptyque érudit comme il sait en concocter. J'ai également trouvé des éléments intéressants dans certains propos de Michel Rocard et de Jacques Attali.

   Ah si un dernier truc : il règne manifestement une grande confusion dans la tête de la plupart des gens (à commencer par votre serviteur) au sujet des notions de peuple, nation, état, république, démocratie, citoyenneté, nationalité... si bien qu'aucune réflexion digne de ce nom ne saurait avoir lieu tant que ce gloubi-boulga n'aura pas été clarifié et ordonné.

Posté par fzanetti à 04:18 - Immigration et nationalité - Commentaires [11] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Etre démocrate, c'est pouvoir bosser avec Le Pen, Meirieu et Besancenot

   A condition qu'ils en aient la légitimité (élection par les citoyens dont ils seraient alors les représentants) et qu'il y ait des points de convergence évidemment.

   Je ne répondrai pas tout de suite à la chaîne lancée par Nemo et dans laquelle m'a tagué Vincent. Mais je peux déjà dire ceci, sous réserve que les conditions énoncées ci-dessus soient remplies : il n'y a aucune raison valable pour refuser de voter un texte que l'on approuve et joindre ainsi ses voix à celles d'untel ou d'untel (légitimement élus) sous prétexte que l'on est en désaccord avec (et parfois jusqu'à combattre fermement) certaines de leurs positions sur d'autres sujets. Il faut apprendre à dissocier les divers aspects des personnes ou des mouvements politiques, sinon on se retrouve chacun dans son coin en minorité et on n'avance pas (ou alors on admet qu'une majorité monolithique impose mécaniquement sa loi). C'est comme pour les artistes pédophiles ou antisémites : leurs actes et leurs propos ont beau être révulsants, cela n'enlève rien à la qualité artistique de leurs oeuvres, qu'il serait absurde de boycotter et de soustraire au patrimoine culturel de l'humanité. Il faut savoir de quoi l'on parle et où s'arrête précisément la coopération ou l'appréciation, cette circonscription empêchant ainsi de cautionner le reste.

   La logique du cordon sanitaire et la diabolisation sont contre-productives (je rejoins l'impétueuse Danièle Douet) et anti-démocratiques (je rejoins l'ineffable Jean-François Kahn dans ses propos sur le stalinisme et le terrorisme intellectuel). Les idées sont intéressantes, ou non, en elles-mêmes et indépendamment de leur provenance.

   Donc, il s'agit simplement de permettre l'exercice de la démocratie en défendant des majorités d'idées, ponctuelles et mouvantes, en fonction de la représentation élue par les citoyens, qui est par nature légitime à cela - ce qui suppose toutefois un mode de scrutin plus juste que ceux qui existent actuellement... et plus encore de refuser le hold-up sur la démocratie auquel est train de se livrer le pouvoir actuel avec son projet de bouclier électoral scrutin uninominal à un tour.

Posté par fzanetti à 04:07 - Politique - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

11 novembre 2009

Le syndrome du Titanic n'est pas un film écologiste

J'aurais dû faire ce billet plus tôt car cela fait plus d'une semaine que j'ai vu ce film et mes souvenirs s'estompent... mais cela peut être intéressant de voir aussi ce qu'un film a de marquant et laisse réellement comme trace dans la mémoire, au-delà des moments qui le suivent immédiatement. En l'occurrence, pas grand chose...

Ce qui m'a le plus surpris dans cette oeuvre de Nicolas Hulot, c'est qu'il ne s'agit pas d'un documentaire écologiste : rien à voir avec Home, l'environnement est très peu montré et les problématiques afférentes assez peu abordées. C'est surtout la question sociale qui est traitée : d'une part l'absurdité et les excès de la société de consommation dans les pays industrialisés, d'autre part la misère et les tourments insoutenables dans les autres pays mais aussi dans ces mêmes pays dits développés - contrastes saisissants et perturbants... Car ce film est tout sauf agréable à voir. Sur la forme, avec un enchaînement haché et souvent brutal des séquences, accompagné de sonorités agressives lors des transitions, tandis que le commentaire, rare, est effectué d'une voix monotone et souvent rauque (je n'ai jamais regardé ses émissions sur TF1 donc je ne peux pas comparer). Sur le fond, avec des images étourdissantes ou poignantes, difficilement supportables tant ce qu'elles révèlent ou rappellent est inadmissible au XXIème siècle. Certains pourront l'accuser de pessimisme, de misanthropie ou je ne sais quelle dérive idéologique. Pourtant il ne fait que montrer : que cela dérange ou pas, ces situations sont bien réelles, et on ne peut les occulter égoïstement.

J'avais lu son livre portant le même titre il y a quelques années, et je l'avais trouvé bien plus intéressant et explicatif. Par ailleurs ce film ne m'a rien appris de particulier : les situations décrites sont déjà connues et relativement médiatisées. Pour autant, il ne me semble pas inutile : bien que portant le même titre que le livre, je crois qu'il n'avait pas vocation à le convertir, comme on porte parfois des romans à l'écran, en fait il s'agit d'un autre projet ; de plus, face à ces situations, une piqûre de rappel de l'opinion occidentale n'est jamais superflue, notamment dans le contexte actuel ; surtout, il constitue une sorte de réponse aux détracteurs des écologistes qui les accusent de ne pas prendre en compte la question sociale et de négliger les aspects humains, car il montre ainsi que le développement durable intègre bel et bien la dimension sociale qui constitue l'un de ses trois piliers fondamentaux. On pourrait lui reprocher de ne pas apporter de réponse aux problèmes évoqués ; mais peut-être n'est-ce pas son rôle... et poser le diagnostic est déjà une première étape, importante lorsque même le point de départ n'est pas forcément partagé...

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03 novembre 2009

Je n'irai pas au congrès d'Arras.

C'est à grand regret (certains pourraient témoigner de mon assiduité à Villepinte par exemple) mais je n'ai pas les moyens de prendre deux nuits d'hôtel ni trois aller-retours en train... dont les horaires ne permettraient d'ailleurs pas d'arriver à l'heure tous les jours. A moins que les fédérations franciliennes, fortes de milliers d'adhérents donc vraisemblablement de dizaines de participants, n'organisent des trajets en bus, comme cela a été fait pour les dernières universités de rentrée (beaucoup plus éloignées) ? Si rien de tel n'est fait, je tenterai sans doute un petit aller-retour le samedi ou le dimanche pour rencontrer d'éventuels participants blogueurs en dehors (repas de midi ou autre), mais il va falloir s'organiser rapidement ^^'

Posté par fzanetti à 18:40 - Commentaires [7] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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