22 mai 2012
De l'encadrement des loyers
La nouvelle ministre du logement a l'idée dans l'encadrer les loyers... Ben oui, parce qu'au cas où vous ne le sauriez pas, les propriétaires ne connaissent pas la valeur de leur bien, et relouent leurs appartements au prix que bon leur semble,sans même ajuster le loyer demandé au prix du quartier...
08 mai 2012
La France forte est mon ambition.
Merci à FrédéricLN d'avoir exhumé ce très beau texte de Michel Rocard, que je publie à mon tour. Dommage qu'il n'y ait plus aujourd'hui de "premier-ministrable" de cette trempe...
***
La France forte est mon ambition.
Mais notre monde est devenu terriblement interdépendant : la croissance, le chômage, le terrorisme, les pollutions ne dépendent pas que des décisions nationales, loin s'en faut. Cette interdépendance est parfois vécue comme une contrainte : elle fait souvent peur. Il faut donc que la France puisse occuper toute sa place, puisse exprimer pleinement sa vocation internationale, puisse entraîner et convaincre.
À l'étranger, la France a des intérêts, mais aussi une audience, un rayonnement. Elle porte beaucoup d'espoirs.
Et d'abord en Europe.
Le grand marché européen inquiète ceux qui craignent de ne pouvoir s'y adapter, ceux qui se laissent atteindre par les poisons du corporatisme.
Cette crainte naturelle, mesurons la, car l'ignorer ou la sous-estimer nous conduirait à un échec. Je ne crois pas, en effet, que l'Europe puisse se faire sans que le veuille une opinion publique convaincue. L'Europe est notre avenir, encore faut-il le préparer.
Je suis inquiet des difficultés de l'harmonisation fiscale, mais moins que je ne suis heureux d'être titulaire d'un passeport européen.
L'Europe sera celle que nous voulons, celle que nous construirons. Dans chaque secteur, nous nous opposerons à ce que le marché intérieur se traduise par une déréglementation sauvage. Nous veillerons à ce qu'à chaque étape, harmonisation aille de pair avec libéralisation.
La France ne sera forte que dans une Europe forte. Une Europe forte fera entendre sa voix et sentir son poids.
En tant que responsable, mon propos est sans doute austère. En tant que citoyen et tout simplement en tant qu'homme, mon enthousiasme est entier et mon espoir est intact.
Je rêve d'une politique où l'on soit attentif à ce qui est dit, plutôt qu'à qui le dit. Je rêve tout simplement d'un pays ambitieux dont tous les habitants redécouvrent le sens du dialogue, de la fête et de la liberté.
Je suis de ceux qui croient que la liberté, c'est toujours la liberté de celui qui pense autrement.
Chérir la liberté de cette manière-là, c'est, autour des thèmes que je vous ai proposés — la réconciliation, la solidarité, les chemins de l'avenir — construire un nouvel espoir pour que vivent les Français et que vive la France.
Michel Rocard - Déclaration de politique générale devant l'Assemblée Nationale - 29 juin 1988
07 mai 2012
François Hollande n'est pas Président de la République !
D'abord parce qu'il n'entre en fonctions que dans une dizaine de jours. Mais aussi parce qu'il est évident que son électorat a surtout voté contre Nicolas Sarkozy. Le pays ne veut pas des socialistes, en témoignent, dans le cadre d'une participation pourtant accrue, le score finalement élevé de Nicolas Sarkozy (une simple défaite au lieu de la raclée tant attendue) et le niveau considérable du vote blanc : 5,8% soit plus qu'en 2007... et même qu'en 2002 avec pourtant Chirac face à Le Pen ! Ce niveau ramène d'ailleurs François Hollande loin en-dessous de la barre des 50%, il n'a donc même pas la majorité des suffrages...
Espérons que le peuple saura raison garder lors des élections législatives en empêchant le PS d'avoir une majorité absolue et de contrôler ainsi toutes les institutions majeures du pays (tragédie démocratique inouïe). Montesquieu, garde nous du pire...
Résistance !
Il n'y a désormais plus qu'une seule étape qui sépare la France du gouffre : les élections législatives de juin. Si l'électorat dans son inconscience apporte la dernière pièce du puzzle à l'Etat PS qui contrôle déjà toutes les autres institutions majeures, le rouleau compresseur sera en marche, sans aucun recours (une seule période électorale intermédiaire, soit deux ans puis trois ans sans craindre la sanction du peuple, imaginer ce que ces irresponsables se permettront est terrifiant...). N'oublions pas les avertissements de Montesquieu sur l'équilibre des pouvoirs et le danger qu'il y aurait à confier toutes les commandes à une seule entité quelle qu'elle soit.
Il faut ajouter que ces élections seront la condition de la survie du pluralisme politique du pays (certes déjà très insuffisant, mais cela pourrait être encore pire) : outre l'aspect strictement électoral (pour éviter une chambre seulement bicolore), le premier tour assure les financements publics aux partis, condition de leur survie matérielle. En dehors des deux mastodontes qui constituent l'UMPS avec leurs millions d'euros, toutes les autres formations sont en difficulté et se voient condamnées soit à disparaître (ou vivoter ce qui revient au même) soit à négocier une dépendance auprès de l'un des deux "gros"... Une démocratie digne de ce nom peut-elle s'en satisfaire ?
Bien qu'ayant lieu dans un contexte hautement délétère et déprimant, ces élections constitueront donc le dernier acte de résistance démocratique, avant la chute...
A la réflexion, Marine Le Pen a raison.
Elle proposait dans son programme un mandat unique non renouvelable pour le Président de la République (quitte à le rendre plus long que cinq ans). Et à la réflexion, cela nous éviterait pas mal de problèmes et de situations aberrantes...
Je n'ai connu que trois élections présidentielles (en 1995 j'étais trop jeune pour m'y intéresser) et je dois constater que la seule qui pourrait mériter ce nom est celle de 2007 (sans toutefois être exempte de critiques...). En 2002 et en 2012, la campagne a été scandaleusement courte et indigente, notamment parce que des candidats "importants" se sont déclarés très tard (comme Lionel Jospin, Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy...), en partie parce qu'ils occupaient auparavant des fonctions au sommet de l'exécutif.
Outre les difficultés et autres aberrations que pose le fait pour un élu sortant d'être candidat à sa propre succession (conflits d'intérêt et mélange des genres, confusion dans les financements et les moyens de campagne, etc), cela soulève un vrai problème démocratique en empêchant la tenue d'une campagne digne de ce nom, avec suffisamment d'échanges politiques et d'informations disponibles pour l'électorat. Sans parler des problèmes antérieurs, comme le fait que l'élu gouverne en pensant à sa prochaine réélection au lieu de se consacrer à son mandat avec le programme sur lequel il a été élu. Ou encore du fait qu'il y a alors une vacance du pouvoir pendant une durée non négligeable ce qui n'est guère satisfaisant (au moins du point de vue diplomatique).
Il conviendrait donc de s'abstraire de ces situations néfastes en instituant un mandat non renouvelable (au moins consécutivement), condition de la clarification et de l'assainissement d'une campagne électorale si importante. Sauf à envisager une réforme institutionnelle beaucoup plus ambitieuse et étendue, mais ça c'est une autre histoire...
La seule bonne nouvelle...
... c'est que Nicolas Sarkozy quitte enfin la scène politique... mais sans doute pas encore la scène médiatique, puisque c'est désormais à la Justice de faire son travail...
02 mai 2012
Le 6 mai, pour la démocratie, je vote Nicolas Sarkozy !
Comme si les problèmes gravissimes du pays ne suffisaient pas (surendettement, chômage, pauvreté, pollution, insécurité, inculture, etc), en voici un de plus et non des moindres : l'Etat PS, un Etat totalitaire avec un parti irresponsable contrôlant toutes les institutions majeures du pays (sauf le Conseil Régional d'Alsace). Montesquieu nous l'a appris : dans une démocratie digne de ce nom, tout pouvoir doit être équilibré par des contre-pouvoirs et il serait très dangereux de confier toutes les manettes à une seule entité, quelle qu'elle soit. C'est pourquoi il est impératif d'empêcher toute majorité absolue aux élections législatives de juin. Quant au minable second tour de l'élection présidentielle le 6 mai... il est de fait impossible de voter pour François Hollande. Nicolas Sarkozy au moins serait bridé dans son action néfaste (ayant perdu le contrôle du Sénat l'année dernière) ; ceci étant, compte tenu de ce qu'il a dit et fait, eh bien... je glisserai dans l'urne un bulletin portant son nom, au-dessous duquel j'inscrirai ce simple mot : OUSTE !
Je vous donne rendez-vous.
J'ai deux types de rendez-vous à fixer.
- Je donne rendez-vous aux électrices & électeurs de François Hollande qui pérorent partout et s'imaginent que voter PS lors de ce cycle électoral (4 élections ce printemps 2012) va améliorer leur vie ou la situation du pays, surtout si le programme socialiste est respecté... Nous ferons le point fin juin (lorsque le gouvernement effectif et ses premières orientations seront connus) et fin décembre (lorsque les premières mesures auront été prises - ou non...). Et pour les fêtes de fin d'année je suis même prêt à en inviter un certain nombre (qui se reconnaîtront) au resto, pour reconnaître bien volontiers mes éventuels torts (mais honnêtement, je ne crois pas prendre tellement de risques... et je ne leur demande donc rien en échange).
- Je donne rendez-vous à mes lectrices & lecteurs, fidèles de ces dernières années d'aventures ou rencontres plus récentes, pour des articles cet été ! Car j'aurai enfin le temps d'écrire vu que je serai obligé de poser plusieurs semaines de congés et que je ne serai pas occupé ailleurs (la botanique, c'est essentiellement au printemps, en été il ne reste plus grand chose à part en altitude...). J'en profiterai pour clarifier un certain nombre de choses, notamment à propos des écologistes, des démocrates, des centristes, des gaullistes... On m'a reproché récemment mon agressivité, notamment envers les socialistes ; mais outre les éléments de fond, je considère que ce n'est qu'un juste retour des choses, quand nous nous faisons nous-mêmes insulter à tout bout de champ (aucune idée, ou idées malsaines parce que pas "de gôôôche" – tiens d'ailleurs il faudrait savoir, on en a ou pas, du coup ??) ou qu'on nous dénie même une existence ("hors de la gôche et de la drwâte point de salut" – piteuse vision en noir et blanc d'un monde autrement plus riche et complexe...). Les plus impatients ou les plus sceptiques pourront déjà se plonger dans ce livre passionnant, en attendant de prochaines discussions...
23 avril 2012
Merci
Merci aux 3,3 millions d'électrices et d'électeurs qui n'ont pas cédé à la démagogie ni au matraquage médiatique et qui ont apporté leurs suffrages au seul candidat à avoir tenu un discours de vérité, sur l'état du pays et les efforts nécessaires à son redressement. Ce socle du courage est une promesse d'espoir pour l'avenir, pour reconstruire une société sur les ruines de celle que le futur élu du 6 mai aura laissées. En 2017, ou sans doute avant... il faudra se tenir prêts.
Vous chantiez ? Eh bien, dansez maintenant !
Alors voilà, moins de 10% des électeurs ont eu le courage de voter pour le seul candidat qui parlait d'efforts, de sérieux budgétaire, de moralisation de la vie politique...
Comme ces alcooliques qui prennent toujours un dernier verre, les autres ont encore une fois versé dans l'inepte duel PS-UMP, avec les conséquences néfastes que l'on sait... Sauf que cette fois, c'est bien plus grave qu'avant. Cette fois, la rupture est proche, ce n'est qu'une question de mois voire de semaines. Il ne s'agit pas seulement des plans de licenciements qui vont arriver en avalanche... la Grèce, à côté, c'est une aimable promenade suisse.
Ils ont voté avec leurs pieds, eh bien, ils subiront. Perso, je m'en lave les mains. J'ai une formation scientifique polyvalente de haut niveau, Ich spreche Deutsch and also english : si ça dégénère, je sais où aller. Depuis deux ans j'ai tenu à rester dans ce marigot putride malgré les galères, par égard envers le pays qui m'a offert ces qualifications ; mais la patience et la décence ont des limites. Si les élections législatives sont dans la lignée de la mascarade qui vient d'avoir lieu, la suite (incluant le financement des retraites et autres festivités) se fera sans moi. A bon entendeur...