Le bac Pro en trois ans
Pour les raison évoquées par la FCPE ici : http://www.fcpe.asso.fr:80/ewb_pages/a/actualite-fcpe-2075.php?PHPSESSID=49klfe0id
Contrairement à l'immense majorité de mes collègues, je suis favorable au bac Pro en 3 ans mais pas dans le but d'augmenter le nombre de candidats au bac, ni de réduire le nombre de postes d'enseignants (même si comme les autres fonctionnaires, nous devons être nombreux). Le bac pro doit déboucher sur la vie active et doit donc fournir une main d'oeuvre qualifiée ou plutôt qualifiable. Il ne s'agit pas de produire des secrétaires rebelles qui font une faute à chaque mot ou des vendeurs malhonnêtes et baragouinant un français approximatif, comme c'est encore trop souvent le cas. La voie professionnelle est une vraie voie qui doit être assumée, pas un choix par défaut. Je connais très bien les filières de vente, de secrétariat et de comptabilité. Telles qu'elles sont aujourd'hui elles ne sont pas satisfaisantes, exceptées en bac. Et les élèves qui sont en bac et qui le décrocheront ont le niveau de faire un bac pro en trois ans.
Que faire des autres me direz-vous ? Les mettre dans des CAP, qui seraient à l'occasion développés. A la différence de la FCPE, dont, en la circonstance je partage un certain nombre d'idées, je ne crois pas que les CAP doivent être réservés aux SEGPA. Mais doit-on tout convertir en CAP ? Non, les BEP vente par exemple oui car en vente il y a des emplois peu qualifiés (hôte de caisse, mise en rayon, etc) mais ce n'est ni le cas de la comptabilité ni le cas du secrétariat (par exemple), métier où l'on doit faire preuve d'autonomie. Au cas où cela vous aurait échappé, on ne parle plus de secrétaire mais d'assistant... encore que la revue "assistante plus" vient de changer de nom pour devenir "office mag", ce qui en dit long sur l'évolution du métier. En revanche, dans le bâtiment, il y a pénurie de main d'oeuvre...
On m'objectera aussi que les élèves qui feront un bac pro en trois ans seront moins bons que ceux qui le faisaient en 4. Cela semble logique... mais il y a trop d'heures sous-employées. Les lycées pro ferment quasiment tous le 1er juin en raison des examens alors que l'année scolaire finit officiellement un mois plus tard. A ce sujet le ministère teste dans cinq académies la délocalisation dans d'autres locaux que les lycées (gymnases...). D'autre part, l'heure d'ECJS (30 minutes par semaine) n'a que peu d'intéret pour ces élèves.
Enfin je rappelle que les apprentis qui suivent leur scolarité en alternance dès la seconde font un bep +bac pro en deux ans de scolarité en réalité : avec 50% de pratique professionnelle, le temps de la scolarité est divisé par deux. (BEP en deux ans avec un an de cours seulement et BAC PRO en deux ans avec un an de cours). D'autre part il existe déjà des BEP en un an pour ceux qui veulent se réorienter dans la voie professionnelle après une seconde générale. Si pour tous ceux-là c'est possible, ce sera possible pour les autres.
J'entends bien que le gouvernement propsoe cette réforme pour réduire rapidement le nombre de postes et faire des économies, il est dommage qu'on n'ait pas le temps d'y associer la réflexion pédagogique. La réforme telle qu'annoncée par Darcos ne me va pas du tout car elle
est trop précipitée. Nous n'avons d'ailleurs même pas de programme, alors qu'on sait que c'est ce qui a transformé les bacs pro expérimentaux en trois ans en semi-échec.
Toutefois, je ne ferai pas grève pour ce sujet, car les syndicats ne parlent encore une fois jamais des élèves mais uniquement des suppressions de postes. J'étais élève il y a peu et quand j'étais en première année de fac, les copains étaient encore au lycée pro sans avoir redoublé, est-ce normal ?