ataraxosphere

Le blog de Frédéric Kelder (ex-candidat MoDem du canton Aubervilliers Ouest en 2008) et de Florent Zanetti (résident de Paris 13ème). Réflexions citoyennes pragmatiques, sans tabou ni clanisme. BLOG PROVISOIREMENT EN TRAVAUX

30 juin 2008

Mon point de vue sur le rapport Olivennes

Contrairement à ce que je vois partout sur le Net, je soutiens quant à moi les propositions du rapport. Je ne vais pas parler de la faisabilité technique car je ne connais rien au sujet. Je ferai juste une remarque : le gouvernement chinois semble à même de contrôler les flux chez eux, pourquoi nous, nous n'y arriverions pas. L'idée n'est pas de ressembler à une dictature mais d'arrêter la piraterie.
La Hadopi ne sera pas une autorité aveugle a dit Mme Albanel, et sera dans le dialogue. Ce n'est pas parce qu'elle le dit qu'il faut le croire, il faut simplement veiller à voir qui la compose.
Arrêtons l'hypocrisie : le piratage c'est du vol, et l'accès à Internet n'est pas un droit fondamental. Or, il faut vraiment être aveugle pour ne pas se rendre compte que quasiment tout le monde pille : je suis un des rares à ne pas le faire parce que j'y vois plus d'inconvénients que d'avantages. Le pillage est tel que les téléchargeurs frénétiques n'ont même pas le temps de voir ce qu'ils volent. La prison aussi est liberticide, cette loi le sera aussi, mais la privation de liberté est une sanction destinée à faire réfléchir, et à punir. Quand vous êtes dans la rue ou au volant, il y a des caméras de vidéosurveillance et des policiers, sur Internet ça doit être la même chose, on voit d'ailleurs le résultat de l'anarchie qui prévaut aujourd'hui...
Ce qui est condamnable, ce n'est pas tant le fait de télécharger mais le fait de mettre à disposition d'autrui, et ça je pense que n'importe quel FAI est capable de voir qui a ouvert ses ports aux autres et qui émet vers le Net plus que de raison.

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L'efficacité énergétique, c'est pour quand ?


L'efficacité énergétique, c'est pour quand ?
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29 juin 2008

Alerte : menaces sur le financement des transports publics

Messieurs les sénateurs,
certains doutent de votre utilité, sauvez les transports publics en rejetant la proposition de loi visant à augmenter le seuil à partir duquel les entreprises sont assujetties au versement transport. Le résumé de la situation ici. Si je n'ai vraiment aucune sympathie pour l'exécutif régional francilien actuel, cette manoeuvre qui ne touchera pas que Paris, semble directement venir du Château, et je dois dire que c'est assez lamentable !

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28 juin 2008

Parlons un peu des OGM (3/5) : Quelques aspects sanitaires

(Rappel : partie 1, partie 2).

Au niveau sanitaire, les risques sont surtout potentiels, ne sont pour beaucoup pas spécifiques des OGM, et doivent être évalués au cas par cas. J'en évoquerai quatre.


- La résistance à des antibiotiques (conférée par des gènes "outils" utilisés dans le processus de fabrication des OGM) est censée appartenir au passé car récemment interdite (à brève échéance, si ce n'est pas déjà effectif). Beaucoup de choses fausses ont été dites à ce sujet, tant par les pro que par les anti, mais comme il n'est plus d'actualité je ne développerai pas. Je remarquerai juste que de nombreuses autres pratiques posent au moins autant de problèmes en matière de résistances aux antibiotiques, sans susciter autant de remous. Mais après tout, cela n'est pas un argument en soi et je déplore que les discours sur les OGM s'appuient si souvent sur ce genre de considérations.

- Pour les OGM destinés à l'alimentation, les allergies sont un risque réel, mais dépendent de plusieurs éléments, notamment la nature du produit du gène et d'éventuelles perturbations métaboliques engendrées par la modification génétique.

Le produit du transgène est parfois allergogène (c'est arrivé avec un soja et l'affaire a fait grand bruit), mais actuellement les producteurs sont censés ne pas introduire d'allergène connu dans les OGM destinés à l'alimentation humaine et faire un certain nombre de tests médicaux pour s'assurer de leur innocuité. On peut remarquer que dans ce cas, le problème n'est pas lié à la technique OGM elle-même mais au produit lui-même et donc à une négligence de la part du producteur.

Des perturbations métaboliques engendrées par la modification génétique peuvent conduire l'OGM à produire des composés allergogènes imprévus. Il appartient dans ce cas au producteur d'effectuer les analyses (en métabolomique) et les tests médicaux adéquats avant de commercialiser son produit. (Il me semble que cela fait partie des conditions d'autorisation de mise sur le marché).

Le risque résiduel (on ne connaît pas tous les allergènes et on ne peut pas toujours prédire le pouvoir allergogène d'une molécule) n'est alors pas spécifique des OGM : il est le même que pour tout nouvel aliment introduit sur le marché (que l'on pense un peu à l'arrivée des kiwis en France il y a 30 ans...). Ce qui ne signifie pas qu'il ne faille pas s'en préoccuper ! Mais qu'il faut relativiser... et aussi garder à l'esprit que le risque zéro n'existe pas, dans le domaine du vivant plus que dans tout autre.

- Les perturbations métaboliques engendrées par la modification génétique peuvent également conduire à la production de composés toxiques (selon des mécanismes que je ne détaillerai pas). Là encore, il appartient au producteur d'effectuer les analyses et tests nécessaires...

- La plupart des OGM actuels étant des plantes tolérantes à des herbicides (insensibilisées donc pouvant les absorber sans mourir) et/ou produisant des insecticides, il y a un risque de retrouver des résidus de pesticides dans l'alimentation. Il faut cependant détailler l'utilisation qui est faite de l'OGM : les risques ne sont pas les mêmes selon qu'il est consommé entier (fruit, graine, feuille, etc) ou que seul l'un de ses composants purifié est utilisé (comme la lécithine de soja qui est intégrée à peu près à tous les aliments que vous consommez chaque jour...). Dans tous les cas il appartient au producteur d'effectuer les analyses et tests nécessaires...


Quelques remarques sur la toxicologie


Avant toute chose, rappelons que l'étude toxicologique des OGM destinés à l'alimentation est indispensable. Le principe d'équivalence en substance (PES) est fallacieux. D'après ses zélateurs, la composition des plantes transgéniques étant généralement presque identique à celle des plantes non transgéniques, il n'y a pas lieu de les différencier et encore moins de leur faire subir des tests toxicologiques. C'est grandement méconnaître le fonctionnement des êtres vivants : ce n'est pas parce que la quantité d'une molécule est très faible qu'elle n'engendre qu'une action négligeable sur l'organisme qui l'ingère. L'argument favori des détracteurs du PES est le suivant : si les zélateurs du PES appliquent leur logique, puisque les protéines d'un bovin atteint de l'ESB sont à plus de 99% identiques à celles d'un bovin sain (le prion représente une fraction minuscule des protéines totales), alors ils n'ont qu'à manger de la vache folle ! On voit bien que des critères quantitatifs sont insuffisants et qu'une approche plus précise s'impose.

En termes de risques, il faut distinguer la toxicité aiguë (ponctuelle) de la toxicité chronique (sur la durée ; pouvant être induite par de faibles doses et/ou des interactions - et donc plus difficile à mettre en évidence). D'ailleurs le risque associé à un composé s'exprime comme le produit de la toxicité de ce composé et de l'exposition à ce composé (la toxicité seule ne suffit pas à évaluer le risque). Une consommation unique ou rare ne se traduit donc pas forcément par des problèmes sanitaires.

Il faut néanmoins considérer avec prudence les tests effectués, car il est très facile d'établir un protocole expérimental conduisant aux résultats que l'on souhaite obtenir. Je me méfie de toutes les données, qu'elles proviennent des partisans des OGM comme des opposants aux OGM.

Comme je l'ai évoqué au sujet des allergies, il ne faut pas tirer à tort et à travers sur les OGM : ne retenons que les arguments fondés. Si on nourrit des rats avec une plante transgénique produisant une molécule toxique, les rats vont avoir des problèmes de santé, mais cela sera dû à la molécule et pas à la technique OGM elle-même. De même, il convient de s'assurer que le régime alimentaire des animaux testés était équilibré, sinon il est évident qu'ils présenteront des pathologies.

De manière générale, toutes les conditions expérimentales doivent donc être évaluées minutieusement. Force est de constater que les tests menés actuellement sont très insatisfaisants, à commencer par leur durée (seulement quelques semaines ou mois, sur quelques individus, sur une seule génération, etc). On peut également s'interroger sur la pertinence du modèle murin et de son extrapolation à l'humain.

Ceci étant, j'ai déjà mentionné que les effets chroniques sont très difficiles à évaluer. Plus globalement, il ne faut pas trop en demander à la toxicologie : il y a beaucoup de choses qu'elle ne sait pas encore faire et même qu'elle ne pourra jamais faire. Si l'on ajoute à cela le sous-effectif de spécialistes et le manque de moyens affectés à cette discipline, on prend conscience des limites de cette approche...


En résumé


On constate que si un certain nombre de précautions sont prises (et les conditions d'autorisation de mise sur le marché sont censées les requérir, mais il est possible qu'elles ne soient actuellement pas suffisantes et il appartient alors au législateur d'y remédier), il n'y a normalement pas de risque sanitaire particulier associé aux OGM ; quant au risque résiduel, il n'est pas plus élevé que pour tout nouvel aliment introduit sur le marché. Par ailleurs, il faut être lucide : les tests médicaux les plus poussés ne permettront jamais de mettre en évidence tous les effets d'un aliment sur l'organisme, qu'il s'agisse d'un OGM ou pas. La vigilance doit donc rester de mise, mais avec réalisme.


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27 juin 2008

Un Institut du Vivant unique ? Au sein du CNRS ou pas ?

Voici un autre appel, cette fois-ci pour la création d'un Institut des Sciences du Vivant unique au lieu des multiples (et complexes, redondantes et concurrentes) structures actuellement existantes. Une des questions qui se pose est de savoir si un tel Institut devrait rester au sein du CNRS ou pas.

C'est une réflexion que je m'étais faite il y a déjà quelques années lorsque j'ai découvert l'ubuesque système de recherche français ; mais c'est à double tranchant, avec des avantages et des inconvénients - la réponse est donc tout sauf simple...

"           Pour un Institut National des Sciences du Vivant

Des réflexions sont en cours sur les changements à apporter à notre système de recherche en Biologie, qui est éclaté et inadapté.  Si l’on veut que la recherche biologique Française tienne son rang dans le monde, ces propositions méritent mieux que la défense du statu quo.


Alors que la plupart des pays développés et même émergents investissent des sommes considérables dans la biologie depuis plus de 10 ans, nous constatons depuis plusieurs années que le système français peine à investir massivement dans la recherche biologique.


           Or trois raisons militent pour l’investissement dans la Biologie :

- Sur le plan des connaissances fondamentales c’est un domaine qui connaît des évolutions rapides.

- La compréhension des mécanismes de la biologie est essentielle au progrès sociétal ainsi qu’au développement d’applications aux soins des malades.

- La valorisation des connaissances en biologie a un potentiel économique considérable.


Contrairement à ce qui est souvent dit, la biologie en France reste encore de haut niveau. Ses chercheurs ont acquis une excellente réputation et les jeunes thésards français sont très prisés à l’étranger. Si on compare nos conditions de travail et salariales avec celles de nos concurrents, nous avons même une production exceptionnelle. L’avenir, par contre, est de moins en moins assuré et pour éviter de « décrocher » il faut mettre en place les conditions qui nous permettront de continuer à occuper une place de premier plan au niveau international. Bref, il nous faut adapter notre système en conservant ce qui est bon et en faisant évoluer ce qui l’est moins. Un des handicaps majeurs de la recherche en biologie est la complexité du système, en particulier la multiplication des structures, qui conduit les chercheurs de bon niveau consacrer un temps déraisonnable à la recherche de financements morcelés et à exercer des taches administratives lourdes dans un secteur où la réactivité est essentielle.


La recherche en biologie est répartie principalement entre quatre organismes qui peuvent travailler en co-tutelle avec les universités et les grandes écoles. Il s’agit du CNRS dont la vocation initiale est la recherche fondamentale, de l’INSERM dont la priorité était la recherche médicale, de l’INRA tournée vers les sciences agronomiques et du CEA dont la mission en Biologie était assez clairement la mise en place de grands outils utiles à la biologie, en particulier dans le domaine de l’imagerie et de la radiobiologie. Cependant, si cette structuration semble intéressante sur le papier, la pratique démontre l’existence d’un continuum et la réalité d’interactions réciproques entre la recherche fondamentale, ses différents domaines d’application, et la recherche dite de transfert. Nous savons tous que d’excellents chercheurs INSERM font de la recherche fondamentale alors que nombre de chercheurs CNRS font de l’excellente recherche de transfert. Les laboratoires CNRS sont parfois dirigés par des chercheurs INSERM et inversement. Les personnels CNRS et INSERM co-habitent, d’ailleurs très bien, au sein des Unités. Pourquoi cette bonne coopération à la base ne serait-elle pas promue au sommet ?


Le bon sens impose de regrouper les sciences de la vie dans une structure commune. Nous proposons donc la création d’un Institut du Vivant qui regrouperait l’ensemble des acteurs de la recherche en biologie et santé, avec un socle commun de recherche fondamentale. Dans un premier temps, on pourrait se contenter d’une structure rassemblant la biologie du CNRS et l’INSERM, qui, sur le plan des statuts des personnels et des modes de fonctionnement, sont très proches. Il ne faut, cependant, certainement pas s’arrêter à ces deux EPST, mais bien couvrir à terme toute la biologie.

Il faut que la solution administrative soit simple et évite à tout prix qu’un des EPST soit perçu comme faisant une OPA sur l’autre. Des discussions directes entre eux doivent s’ouvrir pour trouver une solution rapide. Certains collègues du CNRS proposent un institut du vivant propre au CNRS. Certains de leurs arguments sont très pertinents et devront être pris en compte. Par exemple, il ne faut pas perdre les forces de la multidisciplinarité. Mais à vrai dire, la recherche à l’interface ne dépend pas forcément d’une appartenance administrative commune et la plupart des biologistes du CNRS n’ont même jamais croisé de physicien ou mathématicien du CNRS. Les bonnes équipes de recherche en biologie, qu’elles soient CNRS, INSERM, CEA ou INRA, continueront à collaborer sans difficulté avec des équipes de mathématiciens, physiciens ou chimistes, que ces dernières soient universitaires, CNRS ou autre. Il faudra veiller à ce que la politique de cet Institut du Vivant permette ce type de collaboration, partout où cela sera ressenti comme nécessaire.


Un autre argument important contre un Institut commun du Vivant concerne la désaffection que sa création pourrait entraîner pour la recherche fondamentale. Il faut de ce point de vue affirmer avec force que l’Institut du Vivant devra couvrir l’ensemble des domaines de la biologie et non pas seulement ceux de la santé, car pour être compétitif en recherche appliquée, il faut être exceptionnel en recherche fondamentale. L’important en la matière est de bien définir les contours de cet Institut du Vivant et lui assurer une représentation équilibrée de la recherche fondamentale et de la recherche clinique dans ses instances dirigeantes. La vigilance sur ce point est essentielle.


Avec la prise en compte des éléments précédents, un Institut du Vivant sera un atout fort quant à la représentation de la biologie au niveau politique de la recherche. Est-il normal que le ministère ait fixé au CNRS de flécher comme priorité la biologie, et que cela se soit traduit par une diminution importante des budgets de certaines des meilleures unités CNRS de biologie ?


En termes d’efficacité, les équipes/unités CNRS ont aussi tout à gagner à un rassemblement. A titre d’exemple, est-il efficace qu’un crédit de l’INCA (Institut National du Cancer) ou de l’ANR (Agence Nationale de la Recherche), accordé à un laboratoire du CNRS mette presque un an avant d’être mis à disposition du laboratoire parce qu’une convention doit être signée entre l’INSERM et le CNRS ? En terme de valorisation de la science française, est-il sain que des instances indépendantes aujourd’hui les unes des autres (FIST associé au CNRS versus INSERM transfert) travaillent souvent non pas pour le bien de la valorisation française, mais souvent dans le but de surpasser la valorisation du collègue ? La fusion de ces instances en biologie permettrait une synergie qui autoriserait une plus grande réactivité et surtout permettrait de répondre efficacement à des opérations de valorisation de plus en plus complexes.


C’est pourquoi, bien qu’étant profondément attachés aux valeurs du CNRS, nous souhaitons qu’un Institut du Vivant préservant les intérêts des partenaires initiaux se mette en place. Plutôt que de nous opposer, unissons nos forces et recherchons les modalités administratives qui permettraient cette union. L’avenir de notre recherche biologique s’en trouvera certainement éclairci."


(liste des premiers signataires ici)

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26 juin 2008

Discours à l'ONU

Posté par fzanetti à 13:15 - Société - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Appel : "Nous nous engageons pour la recherche et l’enseignement supérieur"

Je m'exprimerai plus tard sur le sujet car ma position est un peu plus nuancée. J'ai néanmoins signé cet appel car le gouvernement doit clairement revoir sa copie.

 

"Cet appel est destiné à être signé par les personnels de la recherche et de l’enseignement supérieur (de tous statuts) ainsi que par les personnes n’y exerçant pas mais qui souhaitent exprimer leur soutien.

La communauté scientifique a montré depuis plusieurs années sa volonté d’améliorer le dispositif de recherche et d’enseignement supérieur, en faisant des propositions concrètes qui restent d’actualité. Toutefois la profonde restructuration de l’enseignement supérieur et de la recherche actuellement engagée par le gouvernement conduit à mettre l’activité scientifique sous contrôle direct du pouvoir politique (bien au delà de la définition des grandes orientations dont il a la responsabilité). De nombreuses voix ont critiqué les mesures gouvernementales, en particulier des directeurs de laboratoires, des médaillés du CNRS, son conseil scientifique (dont ses membres étrangers), des conseils d’universités, des assemblées de laboratoires ; le Conseil d’Administration du CNRS n’a pu se tenir le 19 juin traduisant notre profonde inquiétude face à la restructuration imposée à cet organisme, qui menace sa cohésion et son indépendance. Afin de sortir d’une crise qui ne peut qu’affaiblir la recherche française, et de retrouver la confiance nécessaire pour réformer nos institutions dans le sens de l’intérêt collectif, nous demandons donc aujourd’hui :


1 – Que toute évolution du dispositif de recherche se fasse dans le respect de l’autonomie scientifique et des principes de collégialité et de démocratie des institutions universitaires et de recherche.


2 – Que des moyens suffisants, financiers comme humains (chercheurs et enseignants-chercheurs, personnels de soutien technique et administratif), soient attribués aux universités et aux organismes, sur une base pluri-annuelle. Les établissements pourront ainsi construire une politique scientifique, leurs laboratoires pourront développer leurs propres projets et le principe de fonctionnement de la recherche et de l’enseignement supérieur sur la base de postes statutaires, garant d’une indépendance effective, sera préservé.


3- Que le CNRS couvre tous les champs du savoir, afin de pouvoir développer une politique scientifique globale et faire collaborer les disciplines entre elles.


Ces demandes ont un coût, qui peut être assumé à l’intérieur de l’enveloppe globale affectée à l’enseignement supérieur et à la recherche.


Nous sommes déterminés à inscrire notre action dans la durée. Conscients de notre responsabilité dans la mise en oeuvre d’une évolution du système d’enseignement supérieur et de recherche, nous nous engageons à n’accomplir aucune tâche qui contribuerait à affaiblir les fondements mêmes de notre activité et son avenir à court terme, en cohérence avec le communiqué du 23 juin signé par des directeurs de laboratoires et des responsables d’instances scientifiques. Si nous ne sommes pas entendus, nous mettrons en place une grève administrative progressive ; en particulier, nous nous engageons à :


1- Suspendre notre participation aux activités d’expertise et d’évaluation pour l’ANR et l’AERES.


2- Refuser de transmettre toute donnée permettant le pilotage de la recherche au moyen d’indicateurs contournant l’expertise scientifique.


3- Dans un second temps et si le gouvernement reste sourd à nos demandes légitimes, pour les directeurs de laboratoires, les responsables d’instances scientifiques et les membres de ces dernières, démissionner de leurs mandats."


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25 juin 2008

Déremboursements ?

En raison d'une surcharge de travail, je ne pourrai plus écrire aussi souvent qu'autrefois, les responsabilités et les ambitions augmentant, on devient de moins en moins disponible.
Si je reprends ma plume aujourd'hui (ou plutot mon clavier), c'est pour crier. L'attitude de ce gouvernement en matière de santé est scandaleuse, beaucoup de Français vivent à l'euro près et continuer à déclarer que la Sécurité Sociale est en déficit sans en expliquer les raisons est une solution de facilité. SI la sécurtié sociale est en déficit c'est parce que l'Etat ne lui verse pas ce qu'elle devrait recevoir.
D'autre part, s'en remettre aux mutuelles comme le fait M.Woerth, est incroyable : d'abord a-t-il consulté les mutuelles ? Ensuite, il est bien évident (et normal) qu'elles augmenteront leur cotisation si leur charge augmentent.
Par ailleurs, tout le monde n'en a pas de mutuelle mais roselyne bachelot a la solution : la sécu les prendra en charge ! Ben, voyons, très égalitaire comme système !
Et enfin, dernier point, ma sécu (la MGEN) n'est pas coordonnée avec ma mutuelle. Ce qui fait qu j'ai plus d'un mois d'attente pour être remboursé quand le tiers payant n'est pas possible (le temps d'attendre le décompte). J'ai déjà dû différer des soins pour cela, notamment chez le dentiste, et j'ai bien de la chance pour l'instant de ne pas être un malade longue durée...

Le but, évident, est de démolir la Sécurité Sociale, parce que quand elle ne remboursera plus rien, on se demandera bien à quoi sert tout cet argent qu'on nous prélève sur la paye et pourquoi nous devrions payer pour ceux qui n'ont pas de mutuelle. Alors qu'elle profitait à tous, elle ne gèrera plus que des Français ayant droit à la CMU, ce qui n'est plus la mêm logique...

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24 juin 2008

OGM - Appel à mobilisation pour Christian Vélot le 25 juin

Je relaie cet appel même si je ne pourrai sans doute pas participer à ce rassemblement. Je trouve scandaleux qu'un chercheur ait des ennuis pour avoir fait oeuvre de citoyenneté (d'autant plus lorsqu'il s'agit d'un des vulgarisateurs les plus objectifs et talentueux que je connaisse sur le sujet des OGM).

Posté par fzanetti à 13:34 - Recherche et enseignement supérieur - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

20 juin 2008

Des médaillés du CNRS fiers mais très inquiets

Vous avez sans doute entendu parler de la réorganisation du CNRS (Centre National de la Recherche Scientifique) ces derniers jours. Je suis assez embêté pour m'exprimer là-dessus, car d'une part c'est un gros dossier, et d'autre part je pense qu'une partie des objectifs affichés du gouvernement vont dans le bon sens (même si dans les faits il s'y prend très mal pour les atteindre - quand il ne prend pas carrément des mesures allant à leur encontre).


En attendant, je relaie ici une tribune de médaillés du CNRS que je trouve très intéressante (même si par contre je ne partage pas toutes les revendications émises à la fin).


Nous, enseignants-chercheurs, chercheurs ou ingénieurs des universités ou des organismes de recherche, sommes fiers de faire de la recherche. D’autant plus fiers que nous avons été distingués parmi les « Talents » français : une Médaille – d’or, d’argent, de bronze – ou un Cristal du CNRS est venu récompenser notre travail. Ce sont nos pairs – un large groupe de collègues, élus ou nommés au Comité national du CNRS – qui nous ont ainsi reconnus sur la base de nos travaux, et nous l’apprécions. D’autres parmi nous ont reçu des distinctions similaires, non moins prestigieuses, des grandes sociétés savantes.


La Médaille de bronze, décernée à des chercheurs en début de carrière, « représente un encouragement du CNRS à poursuivre des recherches bien engagées et déjà fécondes ». La Médaille d’argent récompense ceux, « déjà reconnus sur le plan national et international pour l’originalité, la qualité et l’importance de leurs travaux », qui font école, qui dirigent des thèses, des équipes, des laboratoires. La Médaille d’or est la plus haute distinction scientifique française, décernée depuis 1954. Enfin, le Cristal du CNRS distingue des personnels ingénieurs, techniciens ou administratifs (ITA) qui « par leur créativité, leur maîtrise technique et leur esprit innovant contribuent aux côtés des chercheurs à l’avancée des savoirs et des découvertes scientifiques ».


Pourtant, nous sommes inquiets. À l’heure où l’on ne nous propose plus que des financements de quelques années pour des projets très ciblés, où les formations scientifiques à l’Université se dépeuplent, où l’on ne peut souvent promettre à un brillant thésard, au terme d’un travail achevé au niveau bac + 8, que des années au SMIC, voire au RMI, à l’heure où les ITA sont menacés d’être regroupés en « pools » affectés selon les besoins aux tâches les plus urgentes, comment apprécier pleinement ces récompenses ? Le système d’enseignement et de recherche qui nous a formés est en train de péricliter.


Comment se déprendre de l’impression, nous qui sommes en poste, au CNRS, dans un autre organisme de recherche ou à l’Université, qui prenons plaisir à chercher, à transmettre, et qui avons été reconnus pour cela par nos pairs, que nous serons les derniers de notre espèce, que nous n’aurons, bientôt, qu’à éteindre la lumière et fermer la porte derrière nous ? Comment apprécier notre médaille du CNRS, au moment même où cet organisme mondialement reconnu paraît être en voie de démantèlement ?


Ce sont nos trajectoires individuelles qui sont récompensées. Pourtant, nous savons tous que la science ne se fait pas dans l’isolement et que, si nos parcours ont été jalonnés de concours sélectifs (que nous soyons chercheurs, enseignants-chercheurs ou personnels ITA), ce n’est pas seulement, ce n’est pas avant tout la compétition qui a produit nos avancées, mais la coopération avec nos collègues. Une recherche qui ne compterait que des médaillés comme nous, même s’ils étaient bien rémunérés et disposaient de tous les moyens souhaités, serait une recherche morte. Chacun de nous n’est pas un « génie » isolé : nous travaillons en équipes, et nous travaillons pour tous. Nous n’avons pas fait que déposer des brevets, écrire des livres ou des articles dans des revues bien cotées ; nous avons aussi enseigné, diffusé le savoir auprès d’un large public ; nous avons encore développé des outils, des logiciels, inventé des instruments, publié des documents, édité et animé des revues, construit des sites web, organisé des colloques et congrès pour que d’autres puissent après nous faire avancer la science.


La recherche s’appuie sur la diversité des personnes, de leurs qualités individuelles – les brillants et les laborieux, les rapides et les perfectionnistes ; sur les rencontres parfois inattendues entre disciplines, entre cultures nationales, entre savoir-faire. L’évaluation, c’est notre quotidien, depuis que la science moderne existe : nous savons que les résultats de notre travail sont attentivement regardés par nos pairs, et nous n’en avons pas peur. En revanche, dépenser une énergie et un temps infinis à évaluer à tout va, à sur-sélectionner, à trier les meilleurs des meilleurs, qui plus est de manière de plus en plus bureaucratique, est vain et stérile ; cela ne peut qu’appauvrir le potentiel collectif de la communauté scientifique.


La recherche a besoin de la confiance de la Nation et du gouvernement : une confiance non pas aveugle, mais suffisante pour laisser aux projets le temps de mûrir, pour permettre, dans le cadre des priorités générales fixées par les élus, aux chercheurs de mener les programmes qu’ils ont élaborés et d’évaluer les résultats de leurs pairs. Pour que le système français soit capable de se reconfigurer face aux défis de l’avenir, il lui faut aussi une masse critique suffisante en termes de nombre de personnels statutaires, une diversité suffisante en termes de disciplines.


C’est pour cela que nos récompenses ont, dans le contexte actuel, un goût un peu amer : depuis quatre ans, mais plus encore depuis un an, un ensemble de décisions, parfois d’apparence très technique, parfois ponctuelles, d’autres fois même présentées comme permettant d’injecter plus d’argent dans la recherche, expriment au fond une profonde défiance par rapport à nos activités, à leur qualité et à notre manière de les accomplir, et une profonde ignorance des modalités spécifiques de fonctionnement de la recherche. Il est pourtant encore temps de faire d’autres choix, qui permettront au système français de recherche, déjà largement envié de par le monde – on compte 30 % d’étrangers parmi les candidats au CNRS, malgré les conditions matérielles proposées... –, de faire encore mieux à l’avenir.


Nous ne pouvons donc que demander :


- le respect des missions de service public pour l’Enseignement supérieur et la Recherche, avec un financement adapté à la réussite de ces missions ;


- un plan pluriannuel de recrutement d’enseignants-chercheurs, de chercheurs et d’ITA titulaires, pour développer la recherche en même temps que la réussite des étudiants, et pour que la France reste un pôle d’attraction pour des scientifiques de haut niveau. Beaucoup de brillants scientifiques français sont aujourd’hui obligés de travailler dans la précarité et/ou à l’étranger, faute de possibilités d’être recrutés. Une recherche d’excellence, avec une vision à long terme, n’est possible qu’avec des personnels statutaires, qui peuvent ainsi se lancer dans des projets ambitieux ;


- le maintien, à côté des Universités et des organismes de recherche appliquée, d’un CNRS national et généraliste, doté de réels moyens, ayant pour mission d’explorer tous les domaines de la connaissance, mettant en œuvre de façon autonome une politique scientifique cohérente, qui favorise l’interdisciplinarité et les projets à long terme ;


- une politique d’ensemble encourageant la coopération plutôt que la compétition entre organismes de recherche et Universités (et entre ces dernières), ce qui passe notamment par la sauvegarde d’un statut national des chercheurs et des ITA permettant une mobilité géographique et thématique, assorti de possibilités d’échanges et de coopération beaucoup plus importantes qu’aujourd’hui avec l’enseignement supérieur ;


- des financements sur projets courts qui ne fassent que compléter les financements de plus longue haleine (notamment pour le lancement de nouvelles pistes), et qui soient majoritairement attribués à des « projets blancs » (sur des thématiques proposées par les chercheurs eux-mêmes), avec des procédures d’expertise transparentes ; 


- une évaluation des personnels, des laboratoires et des projets, à tous les niveaux, qui soit essentiellement réalisée par des chercheurs et enseignants-chercheurs, et non pas confiée à des personnalités extérieures au monde de la recherche ; et qui ne soit pas automatisée sur la base unique d’indicateurs chiffrés, au détriment de l’analyse du contenu des travaux menés.


Posté par fzanetti à 12:25 - Recherche et enseignement supérieur - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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