02 juin 2008
Brève : les minimotos, c'est bientôt fini !
Enfin les élus locaux ont été entendus ! Les minimotos n'ont pas le doit de circuler dans les rues car la plupart d'entre elles ne sont pas homologuées par le Centre National de Réception des Véhicules (CNRV), à ce titre elles n'ont pas le droit de circuler sur la voie publique (art. L.321-1-1 du Code de la Route). Les minimotos ne peuvent donc à ce titre pas être commercialisées. Seule la mise à disposition dans le cadre d'une association sportive est autorisée. (loi 2008-491 du 26 mai 2008).
D'après La Gazette des Communes des 21 avril et 2 juin 2008.
Une crise silencieuse
D'ordinaire, les éditos du Monde sont plutôt à côté de la plaque ; mais aujourd'hui j'ai été agréablement surpris par ce petit texte sur la crise de la biodiversité actuellement en cours. Je me demande qui l'a écrit... Quoi qu'il en soit c'est une bonne chose que ce grand journal mette ainsi ce sujet en avant (d'ailleurs ya pas que les guerres et la finance qui sont préoccupantes, et puis ça nous change un peu).
Parlons un peu des OGM (1/5) : Prolégomènes et références
J'ai décidé d'aborder ici ce sujet polémique car il m'intéresse depuis plusieurs années et je considère qu'entre béatitude scientiste et hystérie obscurantiste (malheureusement dominantes) il y a un (large) espace de réflexion et de discussion constructives dans lequel il faut impérativement ramener ce débat.
Je n'envisage pas dans cette série d'articles de traiter
en détail l'ensemble de ce sujet vaste et complexe, cependant je tiens à faire
quelques mises au point sur les Organismes Génétiquement Modifiés (ou OGM).
Ma formation universitaire portant en grande partie sur les biotechnologies du
végétal, j'estime avoir une certaine légitimité pour parler de ce sujet. Mais
je n'ai rédigé le contenu que de mémoire, je ne prétends évidemment ni à
l'exhaustivité ni à l'infaillibilité et suis donc ouvert à toute remarque
constructive étayée par des éléments objectifs et solides (en particulier,
j'estime être au point sur les questions techniques, mais beaucoup moins sur
les questions juridiques – d'autant plus que les réglementations changent très
souvent dans ce domaine). J'insiste sur le fait que le débat n'appartient pas
qu'aux experts et que tout citoyen doit pouvoir s'exprimer et participer ; mais
ce dernier doit faire l'effort de s'informer correctement (cf. fin de
l'article) et d'admettre que certains éléments sont peu voire pas contestables
au regard des connaissances scientifiques actuelles – et inversement... Tout
n'est pas question d'opinion, il faut aussi savoir reconnaître les faits et se
plier devant la réalité.
Première
remarque : énormément de désinformation
(volontaire ou non ; qu'il s'agisse d'assertions incomplètes, approximatives,
erronées ou carrément mensongères) a lieu sur ce sujet, tant de la part des
partisans que des opposants, on ne peut que le déplorer mais c'est ainsi ;
toute source doit donc être considérée avec prudence et recoupée avec
d'autres. Et ne vous leurrez pas, le traitement médiatique du sujet est tout
simplement lamentable, à des années-lumières de faire avancer les choses (cf.
fin de l'article ; y compris pour les livres et revues de vulgarisation
scientifique).
Deuxième
remarque : sauf sur quelques points
particuliers, il n'est pas possible d'aboutir à une conclusion générale
s'appliquant à l'ensemble des OGM et l'étude au cas par cas est
incontournable.
Troisième
remarque : bien que l'attention et
le débat se focalisent généralement sur les plantes transgéniques
(végétaux auxquels on a rajouté un gène provenant d'une autre espèce, végétale
ou non), actuellement majoritaires du point de vue quantitatif, il existe d'autres
types d'OGM. Il peut s'agir d'autres êtres vivants (animaux, champignons,
bactéries...) ou d'autres techniques que la transgenèse (je ne détaillerai
pas). De même, bien que la plupart des OGM aient actuellement un lien avec les pesticides
(résistance et/ou production), les applications sont très variées
(qu'elles soient réalisées ou potentielles). Tous ces autres OGM ne doivent pas
être négligés dans la réflexion car ils soulèvent des questions qui leur sont
spécifiques.
On
peut schématiquement regrouper les problèmes que posent les OGM en trois
catégories (artificielles, car bien souvent ils recouvrent plusieurs domaines à
la fois) :
-
éthiques et philosophiques ;
-
scientifiques : sanitaires et environnementaux principalement ;
-
socio-économiques : agriculteurs et consommateurs notamment.
C'est
cette trame que je suivrai globalement (en séparant les aspects sanitaires et
environnementaux).
Je
prévois de publier les articles suivants à quelques jours d'intervalle (voire
un par semaine si les réactions sont nombreuses), mais si vous préférez que
j'envoie tout d'un coup pour que vous puissiez réfléchir et répondre en une
fois j'en tiendrai compte. Dans tous les cas, merci de commenter dans l'article
concerné.
Quelques références...
J'ai
lu une bonne partie des livres et articles sur les OGM qui sont sortis ces dix
dernières années et je dois dire que j'ai été extrêmement déçu, voire scandalisé,
par leur piètre qualité (qu'ils soient écrits par des scientifiques ou pas). Je
peux néanmoins vous recommander trois ouvrages qui émergent (j'en connais deux
ou trois autres qui sont eux corrects mais incomplets) et dont je tiens un
exemplaire à votre disposition si vous êtes dans le coin.
Un
livre consacré aux OGM que j'avais trouvé accessible, complet et fiable (c'est
quasiment le seul à ma connaissance) : "Ces OGM qui changent le monde"
de Gilles-Eric Séralini (Flammarion - Champs, 2004)
Un
livre clair et passionnant sur la génétique et les biotechnologies, incluant
une partie sur les OGM (et d'autres sur le clonage, etc) : "Génétiquement
incorrect" de Gilles-Eric Séralini (Flammarion - Sciences, 2005).
Enfin,
un livre construit sur un principe très intéressant où deux auteurs aux points
de vue opposés s'expriment puis se répondent : "OGM : quels risques ?"
de Jacques Testart et Yves Chupeau (Prométhée - Pour ou contre ?, 2007). La
qualité des deux contributions n'est pas toujours pleinement satisfaisante mais
les textes sont accessibles et je trouve le principe de cette collection
formidable, tous les ouvrages sur les sujets sensibles devraient fonctionner
ainsi !!
Côté
revues de vulgarisation scientifique, c'est catastrophique. Le seul dossier qui
soit potable est celui de Science & Vie de novembre 2007 (mais il laisse
encore beaucoup à désirer).
Ah
et puis, pour ceux qui ne sont pas au point en biologie et/ou qui n'ont pas le temps
de lire ces petits livres, je vous recommande vivement cette conférence de
Christian Vélot que je trouve remarquable de clarté et de rigueur, je n'ai
quasiment rien trouvé à redire hormis quelques bricoles, c'est tellement rare
que ça mérite d'être souligné et salué ! (Pour info je ne suis pas sûr d'être
toujours autant en accord avec le discours de M. Vélot ces derniers mois, mais
c'est une autre histoire et cela n'enlève rien à la qualité de son exposé ; ni
à la scandaleuse injustice qu'il subit...) Cette vidéo est bien plus
instructive et sérieuse que le documentaire sur Monsanto qui a été récemment
diffusé. On peut apparemment se la procurer ici.
Pour
vous informer sur internet, vous pouvez consulter les sites suivants, avec les
précautions qui s'imposent...
-
CRIIGEN (centre de recherche et d'information indépendant sur le génie
génétique),
-
Inf'ogm
Enfin,
je signale l'existence des articles de deux blogueurs démocrates, Frédéric et
Vincent.
François Bayrou : "Oui, j'ai une ambition!"
En ce moment, les politicien(ne)s qui s'expriment à la radio donnent surtout envie de changer de fréquence... Mais il en est un que l'on a plaisir à écouter :)