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Le blog de Frédéric Kelder (ex-candidat MoDem du canton Aubervilliers Ouest en 2008) et de Florent Zanetti (résident de Paris 13ème). Réflexions citoyennes pragmatiques, sans tabou ni clanisme. BLOG PROVISOIREMENT EN TRAVAUX

10 avril 2008

Ni Seigneurs de la Mer, ni même Saigneurs, mais bel et bien Saignés - la Tragédie des Requins


Bande Annonce Les seigneurs de la mer, (SHARKWATER) 9 avril
envoyé par tuttifruttirobot5

Ce soir je suis allé voir un documentaire remuant - dans tous les sens du terme... (site officiel ici) Réalisé par Rob Stewart, un jeune biologiste courageux, il met en lumière l'un des plus grands massacres en cours sur la planète... dans l'indifférence (quasi)-générale : celui des requins, toutes espèces confondues. Il bat également en brèche nombre de clichés répandus au sujet de ces êtres fascinants et pourtant si détestés. Autant le dire, certaines scènes sont très dures ; mais d'autres sont d'une beauté à couper le souffle. L'histoire est captivante et révoltante (à travers l'histoire de ce jeune passionné, on suit les tribulations d'un petit groupe d'activistes écologistes face aux braconniers et aux mafias contrôlant le trafic d'ailerons, sur fond de corruption des pouvoirs publics).

Je ne vais pas reprendre tous les éléments, mais il faut bien être conscient de la tragédie qui se joue et de la gravité des enjeux. En bref et en vrac :

- les requins ne sont pas agressifs envers les humains, ils ne sont responsables que de très peu d'attaques et d'encore moins de morts (dans l'absolu et encore plus au regard de l'exposition et en comparaison d'autres animaux),

- les requins sont actuellement décimés à travers le monde (les effectifs auraient chuté de 90%), à raison de plus de 100 millions par an, par sottise et haine (comme l'ont été les loups en France, "pour rendre la nature sûre"... du moins à court terme), mais surtout pour leurs ailerons (après découpage à vif le requin est rejeté à la mer où il agonise), vendus très chers en Asie et à l'origine d'un commerce lucratif gigantesque (en grande partie aux mains de mafias),

- ce sont les principaux prédateurs des écosystèmes marins, dont ils constituent d'importants régulateurs (par leur position au sommet des pyramides trophiques, au bout des chaînes alimentaires),

- sachant que les océans sont les principales zones d'absorption du fameux dioxyde de carbone et de production du dioxygène que nous respirons (via le phytoplancton), on imagine avec effroi les conséquences sur l'atmosphère que pourrait avoir la disparition de ces prédateurs (leurs proies animales se mettant à proliférer, elles se nourriraient plus qu'abondamment de ce phytoplancton...),

- les dernières zones où les requins sont encore nombreux sont de plus en plus menacées, comme les îles Galapagos et Cocos (dans le Pacifique Est, pourtant en sites protégés) dont il est question dans le film (en cas de disparition, comment justifier cette négligence auprès des générations futures ?) ; l'absence de réglementation dans les eaux internationales (donc la majeure partie des zones pélagiques, où flottent des lignes de plusieurs dizaines de kilomètres de longueur, capturant toutes sortes d'animaux sans sélection - imaginerait-on dans des forêts des kilomètres de pièges capturant toute la faune sans distinction ?!) n'arrange pas les choses...

Cette barbarie doit absolument cesser ! Malgré ce tableau très pessimiste et le fait que la communication pour la protection des requins est encore plus difficile que pour les baleines (même Greenpeace semble se résigner à les délaisser), il reste de l'espoir (on voit par exemple la mobilisation des populations lors de manifestations au Costa Rica pour protester contre la corruption de l'Etat). Pour ne pas priver les générations futures de requins (qu'il s'agisse d'esthétisme ou de leur rôle écologique, entre autres), pour agir, le réalisateur vous invite à visiter ce site.

Posté par fzanetti à 01:41 - Médias - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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