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Le blog de Frédéric Kelder (ex-candidat MoDem du canton Aubervilliers Ouest en 2008) et de Florent Zanetti (résident de Paris 13ème). Réflexions citoyennes pragmatiques, sans tabou ni clanisme. BLOG PROVISOIREMENT EN TRAVAUX

09 décembre 2007

Un Congrès non démocratique pour la fondation du Mouvement Démocrate... et après ?

Je ne reviendrai pas sur tous les détails de ces journées, car cet article est déjà affreusement long (désolé Petit Grognard). Je vous renvoie (entre autres) aux remarquables productions de notre stakhanoviste orange, la valeureuse Marie-Laure (ici, , et puis , et encore ... et les plus récents aussi), ainsi qu'aux CR de Jean-François, Benjamin et Jérôme, avec lesquels je suis assez en phase. Farid Taha s'est aussi lâché, avec l'humour qui le caractérise (ici et ).

 

 

J'ai passé de très bons moments pendant ces 48h intenses consacrées au MoDem (du vendredi 20h au dimanche 20h, moins huit ou neuf heures de sommeil – eh oui, il n'y avait pas que Villepinte...), en particulier avec Frédéric, Teddy et Benjamin. Et rien que pour ça je ne regretterai pas cette aventure. Mais là n'est pas la question. Nous étions d'abord là pour des choses sérieuses.

 

 

Je voudrais d'abord vous demander de lire ces quelques citations.

 

 

"Là où la connaissance n’est que chez un homme, la monarchie s’impose. Là où elle est dans un groupe d’hommes, elle doit faire place à l’aristocratie. Et quand tous ont accès aux lumières du savoir, alors le temps est venu de la démocratie." Victor Hugo

 

 

"La démocratie est l'organisation sociale qui tend à porter au maximum la conscience et la responsabilité civiques de chacun." Marc Sangnier

 

 

"Cette affirmation [de Marc Sangnier] magnifique dépasse, et de loin, la seule attribution du pouvoir par le vote des citoyens. Elle revendique, non pas une intervention électorale épisodique, signature de chèque en blanc à des gouvernants dont le seul engagement est de revenir devant le suffrage universel à intervalles réguliers, mais une politique de vérité, d'éducation civique générale, d'information et de formation, destinée à porter le citoyen au niveau d'un décideur." François Bayrou

 

 

"Il n'y aura pas de modernisation de la société s'il n'y a pas de maturation des citoyens, débats ouverts, information libre et crédible. Il n'y aura pas de crédibilité des gouvernants s'ils ne retrouvent pas la confiance des citoyens en étant obligés de leur dire la vérité." François Bayrou

 

 

"La confiance ne peut s'obtenir durablement si les gouvernants ne font pas partager de manière transparente leurs raisons, tenants et aboutissants aux citoyens attentifs. [...] [Les citoyens] refuseront de se fier aveuglément à leurs dirigeants. Ils ont besoin d'avoir les yeux ouverts. Ils exigent qu'on ne leur fasse pas prendre des vessies pour des lanternes." François Bayrou

 

 

"Il n'y a de souveraineté du citoyen, en marche vers la conscience et la responsabilité, que si les institutions qui gouvernent son organisation sociale et politique sont construites en conséquence." François Bayrou

 

 

"Pour protéger le citoyen de l'arbitraire, pour lui rendre à tout instant sa part de souveraineté, il faut le garantir contre un pouvoir forteresse, fermé sur lui-même, ne dépendant de rien d'autre que de la décision d'un seul, ou d'un seul groupe. Il faut que le pouvoir soit organisé de telle sorte qu'il protège aussi contre le pouvoir." François Bayrou

 

 

Non démocratique ?

 

 

Non démocratique, la fondation du Mouvement Démocrate, car :

 

 

- il n'y avait que quelques milliers de participants, et malgré les procurations, les décisions ont appartenu à une partie seulement des 60 000 adhérents ; chacun d'entre eux aurait dû avoir la possibilité de s'exprimer, qu'il puisse se déplacer ou pas, qu'il ait accès à internet ou pas, et tant que ce point ne sera pas respecté je dénierai au MoDem (comme à toute autre organisation) le qualificatif de démocratique ;

 

 

- les votes avaient lieu à main levée, situation propice aux comportements de masse et aux intimidations, au lieu d'un vote à bulletin secret garant de la liberté de choix (autre condition pour mériter le qualificatif de démocratique) ;

 

 

- des participants ni éclairés, ni responsables (conditio sine qua non pour parler de démocratie) :

 

 - il y a eu très peu de temps (moins d'un mois) pour discuter des statuts et proposer des amendements (cette précipitation, qu'elle relève d'une incompétence ou d'une volonté délibérée ou des deux, découle d'une longue suite d'événements prenant sa source avant l'été, je ne détaillerai pas),

 

 - la version finale des statuts (ne parlons pas de la version initiale, grossier copié-collé de ceux de l'UDF au mépris des travaux de l'été 2007 et de Seignosse, qui n'a pu bouger un peu que grâce à une mobilisation énergique des militants) n'était disponible que quelques heures avant le Congrès et les amendements seulement sur place (on ne sait d'ailleurs pas comment les 83 ont été sélectionnés sur le millier qui ont été envoyés) et en faible nombre (ok, cela a au moins permis des économies de papier), interdisant toute réflexion sérieuse à leur sujet ;

 

 - le panurgisme d'un bon gros troupeau de moutons qui votaient mécaniquement "pour" quand le maître était "pour" et "contre" quand le maître était "contre", que les amendements soient en leur faveur ou non (cela ne vaut évidemment pas pour l'ensemble des participants, mais on peut considérer sans se mouiller qu'au moins la moitié en étaient),

 

 - une indiscipline impressionnante, des gens passant leur temps à se promener et à discuter (à commencer par les carriéristes entretenant leurs réseaux, ne daignant même pas prendre leur carton de vote à la main pour feindre de participer ou de se soucier des opérations), le pompon étant tout de même la ruée sur le buffet au beau milieu de la séance et la poursuite des votes nonobstant cette débandade, une vraie mascarade (et, après les votes, l'irrespect pour les débats sur les banlieues, le pouvoir d'achat, le développement durable et l'indépendance des médias) ;

 

 

- le comportement autocrate du leader, bien décrit dans les CR que j'ai cités au début et sur lequel je ne reviendrai donc pas (ça me fait mal de l'écrire, mais j'ai constaté avec tristesse que malgré ses nombreuses qualités, François Bayrou pouvait aussi faire preuve de démagogie et de mauvaise foi quand ça l'arrangeait... même si après tout je ne me faisais guère d'illusions à ce sujet) ;

 

 

- les statuts eux-mêmes, dont le moins qu'on puisse dire c'est qu'ils ne sont pas franchement en accord avec les citations du début de ce billet.

 

 

Passons sur l'épisode consternant de l'adoption des chartes (éthique de comportement & valeurs ; au mépris des travaux de l'été 2007 et de Seignosse) et la composition insultante des instances provisoires (quasi-exclusivement des membres de l'establishment UDF, désignés d'autorité par Bayrou). Je veux croire qu'il en sera autrement après cette phase transitoire.

 

 

Il n'y a que des critiques négatives me direz-vous ? Je ne m'appesantis pas sur les points positifs (qui existent), car pour moi ils vont de soi et il n'y a pas de quoi s'en réjouir outre mesure, c'est la moindre des choses voilà tout. Et puis, cet article est déjà bien assez long...

 

 

Et après ? = Et alors ?

 

 

Sur le vote : à quoi bon en apporter la possibilité aux concernés, puisque manifestement la plupart ne sont pas mûrs pour la démocratie... Ce serait prématuré. De toute façon, comme l'a bien expliqué KPM, le vote n'est qu'un instrument de la démocratie, pas son but ni même son expression obligée.

 

 

Sur le fonctionnement relativement autocratique entériné par ces statuts (les dispositions visant à instaurer des contre-pouvoirs ont été rejetées) : bien que cela ne corresponde pas aux citations du début de ce billet, peut-être est-ce mieux ainsi. Peut-être un parti n'a-t-il pas vocation à fonctionner comme une société en miniature. Peut-être est-ce le prix de l'unité, de la cohérence et de l'efficacité. Après tout, l'exemple des Verts et de leurs luttes internes l'illustre clairement. Peut-être aussi est-ce une protection, par exemple contre les taupes. L'exemple du PS à l'automne 2006 l'illustre lui aussi clairement. Et nul doute que parmi toutes les attaques plus ou moins directes dont le Mouvement Démocrate est l'objet, cette stratégie fasse partie du lot. Trop de gens (de puissances, comme dirait Bayrou) n'ont pas intérêt à voir émerger cette nouvelle force politique. Sans tomber dans la mentalité des "faucons" américains, elle doit donc prendre certaines dispositions pour assurer son avenir.

 

 

Pour autant, il conviendra d'instaurer au moins un dialogue avec les militants. Un processus de consultation s'avère indispensable, même si la décision revient in fine aux instances dédiées (dans la transparence, cela va sans dire...). Sans cela, seuls les militants godillots resteront, et le coche sera manqué. KPM et Nicolas Vinci avaient fait des propositions de fonctionnement en ce sens. Sébastien Dugauguez a également résumé les choses dans un article EXCELLENT sur notre forum de section (non accessible au public) que je vais lui demander de publier.

 

 

Quant à François Bayrou, eh bien, il a démontré (s'il en était encore besoin) qu'il a la carrure d'un homme d'Etat, les capacités de défendre ses convictions et (j'extrapole) les intérêts de son pays dans des négociations. Il déborde d'ambition et n'a pas son orgueil dans sa poche, et alors ?? N'est-ce pas requis pour prétendre à la présidence de la République ? Il a de nombreuses qualités (sa prestation fut impressionnante, tant sur la forme que sur le fond), il ne reste qu'à corriger certains défauts (d'ailleurs, qui peut prétendre n'en avoir aucun ?).

 

 

Alors, tout ceci, des arguments contre le MoDem ? Que nenni ! Pour imparfait qu'il fût, le processus a eu le mérite d'exister, jamais cela n'avait eu lieu dans la vie politique française. Ailleurs, la situation est bien pire. Comment croyez-vous que les choses se passent dans les autres partis ? D'ordinaire, je réprouve le recours à de tels arguments, mais parfois il faut tout de même relativiser. Donc, si dans l'absolu il reste bien des motifs d'insatisfaction, relativement à ce qui existe c'est déjà un pas de géant.

 

 

Et après ? = Et ensuite ?

 

 

Il faut donc persévérer, au moins par pragmatisme, comme l'explique très bien Marie-Laure (voir les arguments, dans les articles et les commentaires, je ne détaillerai pas).

 

 

Et puis, rien n'est figé, ce Mouvement nous le construirons petit à petit...

 

 

Il importera d'être particulièrement vigilant en ce qui concerne la version finale des statuts, des chartes, et surtout le fameux règlement intérieur et la composition des différentes instances après la phase provisoire.

 

 

Je considère que c'est fichu pour ce début d'année et les élections municipales, et que le véritable enjeu sera les élections régionales et européennes (d'ailleurs plus importantes dans l'absolu d'un point de vue politique : ce sont des niveaux d'action clefs dans le monde actuel). Cette échéance sera pour moi le véritable test, tant du point de vue interne que du point de vue électoral. Sauf cas de force majeure, a priori je n'envisage pas de remettre en cause mon engagement avant la fin de cette période (qui coïncidera d'ailleurs avec des événements cruciaux de ma vie professionnelle, ce qui n'est pas anodin, mais c'est une autre histoire).

 

 

Ceci étant dit, il est urgent que François Bayrou apprenne à se remettre un peu en question, à s'ouvrir aux autres (ECOUTER) et à mieux s'entourer (je veux bien le croire lorsqu'il dit qu'il n'était pas au courant de certaines choses, mais dans ce cas qu'il s'interroge par exemple sur la manière dont sont filtrés les messages qui lui sont envoyés...).

 

 

Alors, le MoDem et François Bayrou, un pis-aller ?

 

Incontestablement. Il reste encore beaucoup de points d'insatisfaction, mais une bonne partie du chemin est faite (et ce qu'on trouve ailleurs est bien pire). Plus encore (et là-dessus j'en suis finalement resté à ma position du printemps), ils restent un moyen, pour faire bouger les choses, tant dans la vie politique que dans la société en général.

 

 

Seulement un pis-aller ?

 

Absolument pas. François Bayrou est porteur d'un projet de société (de civilisation comme il aime à le dire), qui se tient, et qui, même si l'on n'est pas d'accord avec la totalité et s'il faudra l'affiner voire le remodeler, est de nature à susciter une véritable adhésion, une motivation, pour ce qu'il est et pas seulement pour ce qu'il permet. Une alternative crédible et forte, bien qu'encore en construction, aux impasses "néoconservatrice" et "archéo-socialiste" (pour reprendre ses propres termes).

 

 

 

 

Donc, pour conclure, je joue le jeu. Mais qu'on ne s'avise pas de trop tirer sur la corde, sinon on s'exposerait non seulement à une absence de soutien (en termes d'activisme sur le terrain et sur internet, mais aussi en terme de suffrages – désormais je n'ai plus aucun scrupule à voter blanc), mais aussi, en cas de nécessité, à un activisme d'opposition. Les choses sont dites.

 

 

A présent, comme l'a judicieusement écrit un blogueur (qu'il me pardonne, je ne le retrouve pas), l'ordre du jour c'est 10% de notre temps et de notre énergie pour les questions internes au MoDem et 90% pour les questions qui intéressent nos concitoyens, la vie du pays !

 

 

 

 

La quasi-totalité des citations du début de ce billet proviennent d'un article de François Bayrou publié dans la revue Commentaires. J'encourage vivement ceux qui ne l'ont pas encore lu à le faire, quoi qu'on en pense c'est un socle qui résume assez bien les choses (même si, comme je l'ai dit, rien n'est figé et beaucoup reste encore à construire).

 

 

NB/ J'ai une semaine très chargée qui s'annonce, donc ne vous énervez pas si je ne réponds pas tout de suite à vos commentaires... Merci.

 

Posté par fzanetti à 21:22 - Politique - Commentaires [17] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Il n'y avait pas d'orange ?!

Facebook (littéralement : trombinoscope), le "site de réseau social" où on se fait plein "d'amis" qu'on n'a jamais rencontrés et où on trouve le meilleur comme le pire (je ne vous dirai pas en quelles proportions...), regorge de tests et de quizzes dignes de Biba ou Télé Star.

Récemment, j'ai répondu à celui intitulé "What coulour are you ?".

Réponse :

I'm White
You are the color of purity and truth. While you may often be considered naive, you know what is truly important in this world and are morally steadfast. While it could only take tiny interaction from another color to spoil your perfection, chances are you are going to remain pure and beautiful forever.

Réaction :

(O_o)

Posté par fzanetti à 14:44 - Nous-mêmes - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Universités - entreprises : le loup est-il dans la bergerie ?

C'était le thème de Rue des Entrepreneurs sur France Inter samedi dernier. Archive en écoute pendant quelques semaines encore (prévoir une petite heure). Je suis en désaccord avec près de 60% de ce qui s'y est dit (cela serait tombé à 40% si certaines précautions oratoires avaient été prises et certaines précisions apportées...).

J'en profite pour signaler que le fameux diaporama du collectif Sauvons La Recherche est (enfin) disponible (prévoir une demi-heure). Je suis en accord avec près de 75% de ce qui y est exposé.

Je n'ai malheureusement pas le temps de rédiger d'articles sur le sujet malgré son importance, l'urgence et la gravité de la situation. Ces deux sources ont le mérite de jeter deux éclairages différents qui permettent de commencer à se forger un point de vue (tout en gardant à l'esprit qu'aucune des deux n'est pleinement satisfaisante). Pendant les fêtes j'essayerai de faire le commentaire de quelques textes officiels (dont la fameuse loi LRU dite Pécresse) et d'un livre qui vient de paraître sur le sujet.

Posté par fzanetti à 04:35 - Recherche et enseignement supérieur - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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