24 octobre 2007
Internet à l'école
Une mère de famille se plaint dans le dernier magazine du conseil général de la Seine Saint Denis (n°112, p.9) de ne pas avoir d'ordinateur pour sa famille de 5ème qui doit effectuer des recherches. Cette dame regrette que l'opération de financement d'achat de PC ne soit permise par le Conseil Général que pour les classes de 6ème. Si cette mère existe et qu'elle est de bonne foi, elle s'est bien fait berné par sa fille.
Sa fille lui demande de l'argent pour aller au taxiphone. Ce qui montre que la fille n'a pas compris ce qu'on lui demande. On lui demande de faire des recherches documentaires, c'est à dire d'aller dans le CDI de son établissement ou la bibliothèque de sa ville. La famille habite Montreuil. Je doute qu'à Montreuil il n'y ait pas de bibliothèque suffisante pour une élève de 5ème. Les bibliothécaires et les documentalistes sont là aussi pour aider les élèves à acquérir de l'autonomie et à faire des recherches, pas le monsieur du taxiphone, qui est là pour gagner de l'argent. D'ailleurs plus la gamine perdra de temps, mieux ça vaudra...
Par ailleurs, si vraiment on ne trouve rien dans les livres (ce qui serait étonnant vu le niveau de connaissances exigibles en classe de 5ème), il y a Internet dans les établissements scolaires. Et si l'établissement ne dipose pas d'ordinateurs ou de personnels en nombre suffisant, dans ce cas que le conseil Général fasse son travail et dote !
Je ne suis d'ailleurs pas très loin de la position d'Alain Finkielkraut qui demande le retrait d'Internet dans les écoles. Je n'irai pas jusque là mais il est vrai que cela a causé de sérieux dégâts, y compris chez les enseignants qui pensent que les élèves pourront tout trouver, alors qu'eux-mêmes sont parfois bien en peine... et je vois beaucoup de cours qui ne mènent à rien parce que l'enseignant n'a pas daigné faire la recherche au préalable et surtout parce que de même que les élèves ne savent pas exploiter un document papier, et bien de même ils ne savent pas exploiter un site. La lecture hypertextuelle est une lecture d'experts... commençons donc par passer le brevet des collèges avant de soutenir une thèse, ça devrait aller mieux !
Why Are We Here ?
Un petit film
trouvé chez Ecolodujour
:
Je ne suis pas finaliste pour deux sous (pas seulement par déformation
professionnelle!), mais évidemment, comme tout le monde, je me suis déjà demandé
pourquoi nous sommes ici...
A travers des exemples d'interdépendance entre les êtres vivants qui peuplent
la planète, le film suggère la réponse suivante : nous serions là pour protéger
les autres espèces... Amusant ? Naïf ? Qui sait...
Je terminerai en citant Ecolodujour : "Le seul regret ...
c'est qu'il n'en a pas spécialement conscience et qu'en ce moment, l'être
humain a plutôt tendance à tout détruire ..."
Divagations sur le racisme et le déterminisme génétique
Mes
propos risquent de fortement déplaire, alors pour les soupe-au-lait je vous
conseille d'arrêter votre lecture ici.
La
question n'est pas de savoir si ces deux éléments nous plaisent ou non, qu'ils
aillent à l'encontre de nos opinions et de notre idée du monde ou pas, qu'ils
heurtent notre sensibilité et nos convictions intimes ou pas.
Il
faut ni plus ni moins se rendre à l'évidence, et s'il y a des preuves
scientifiques qu'ils existent ou pas (je ne fais pas là de scientisme,
j'entends par scientifique ce qui a été établi par une démarche objective et
transparente, et ouvert à la réfutation/contestation, pour peu que cette
dernière admette et applique les mêmes principes), alors il faut les accepter
et composer avec la réalité. Les faits sont têtus.
Mais
au-delà, qu'est-ce que cela pourrait bien faire qu'il existe des races ? Cela
n'implique nullement que l'on puisse les classer/hiérarchiser, ni que la
différence implique un quelconque traitement différencié. Pourquoi la
différence serait-elle une barrière ? Elle ne doit pas être niée, mais
simplement être considérée comme telle sans plus d'ambages, et cela ne va pas
plus loin ni n'interfère d'aucune sorte avec la vie de la société. La discrimination
(positive ou négative) n'a aucun fondement.
Et
(là je vais en fâcher pas mal) quand bien même on pourrait établir une échelle
(je me demande bien sur quels critères, puisque même en admettant que les
qualités soient quantifiables et généralisables à un groupe plutôt que propres
à des individus -ce qui est déjà très contestable-, tout le monde a ses
qualités et ses défauts, ses points forts et ses points faibles selon les
sujets, et une sorte de moyenne arithmétique n'aurait aucun sens), un tel classement
n'impliquerait aucunement la domination de celles du dessus sur celles du
dessous, cela supposerait même au contraire un soutien "du haut" vers
"le bas" selon les principes de solidarité qui fondent notre société.
L'état des choses issu de la nature n'est pas nécessairement un guide pour nos
attitudes et il nous appartient de choisir nos comportements : ce n'est pas
parce la prédation est l'une des relations les plus répandues dans
l'environnement (même si l'y réduire serait fortement caricatural et partiel,
je ne détaillerai pas cela ici) que l'on doit s'y résoudre, la société est
capable de mettre en place d'autres systèmes et d'adopter d'autres types de
relations.
Mais
ne poursuivons pas plus ces réflexions sur ces cas virtuels. Ils servaient
simplement à démontrer que les assertions habituellement avancées sont
caduques.
Les
notions de racisme et d'antiracisme n'ont donc pour moi aucun intérêt, je
considère qu'elles n'apportent rien à la réflexion ni à l'avancement du
schmilblick.
Au
sujet du déterminisme génétique des comportements et des aptitudes, il est tout
aussi absurde de le nier que de lui attribuer le contrôle total de notre
destinée. D'une part, parce qu'il est maintenant avéré qu'il existe pour
certains traits particuliers, d'autre part, parce que de nombreuses études
montrent qu'il est fortement nuancé par des phénomènes régulateurs internes
(épigénétiques) et externes (l'influence de l'environnement, à commencer par
l'éducation). La présence de déterminants dans le génome n'est donc absolument
pas un prétexte pour diriger l'individu vers un tunnel (comme dans le film
"Bienvenue à Gattaca" où la future profession de l'enfant est définie
dès la naissance) ni pour déresponsabiliser certains comportements, ni encore
pour baisser les bras face à la fatalité, mais bien au contraire pour prendre
les mesures appropriées comme l'éducation et divers autres systèmes que la
société a su mettre en place. Que cela plaise ou non, notre libre arbitre est
contraint par certains éléments que nous ne maîtrisons pas ; mais pour autant
il dispose d'une marge de manoeuvre bien suffisante pour permettre de faire des
choix décisifs. Il ne s'agit donc pas de trancher entre libre arbitre total et
déterminisme figé, mais bien de composer avec ces deux aspects avérés et de
considérer une réalité intermédiaire et plurielle.
Exigence démocratique
Je relaie cet appel de BGR dans le Pays Basque (64) suite à la lettre de François Duran (publiée sur e-soutiens et accessible grâce à Marie-Laure au commentaire numéro 5) intitulée "Pourquoi je ne quitterai pas le navire".
Je partage le point de vue de BGR, aussi me permets-je de le retranscrire ici :
"Tout n'est certainement pas si noir.
Mais la vie en orange sera parsemée d'embûches.
Pour rester sur le navire, il faudra se battre.
(...) Au stade où nous en sommes, je n'ai que peu d'espoir de voir aboutir un projet totalement démocrate à court terme, et notamment [au prochain] Congrès. Aussi je crois que la seule décision importante est de ne pas laisser les dirigeants en place verrouiller le système. Pour que notre mouvement évolue vers une structure démocrate, il faut impérativement que les adhérents puissent proposer eux-même des évolutions.
Exigeons ce droit :
" Toute proposition relative à l'évolution de notre charte des valeurs, de notre charte éthique, de nos statuts, de notre réglement intérieur ou de notre projet politique qui recevra l'aval nominatif de plus de 4 000 adhérents devra faire l'objet d'une motion soumise à l'autorité compétente et devra donner lieu à une décision de cette autorité au cours de la première réunion qui suivra. "
Je veux bien mettre en place avec ceux qui le voudront une pétition allant dans ce sens qui pourrait être présentée au prochain Congrès. Imaginons deux ou trois propositions fortes qui recueilleraient 10 000 ou 20 000 signatures...
Seul je ne suis rien, ensemble nous pouvons changer le monde !"
A propos de démocratie interne, BGR avait déjà posté un billet cet été, que je ne peux qu'approuver, ayant moi-même toujours exigé que chaque adhérent puisse s'exprimer, qu'il puisse venir aux congrès ou pas, qu'il ait accès à internet ou pas.
Je signale également cette autre lettre de François Duran, accessible chez Démocratix.