28 septembre 2007
La repentance, non merci.
Je viens de relire le dossier "Nous les Noirs de France" du Nouvel
Observateur 2162 du 13 avril 2006. Je suis toujours agacé par certains
propos, notamment par ceux qui demandent à la France de la repentance.
Je tiens à dire que je ne me sens aucunement responsable de
l'esclavage, ni même de la colonisation, tout comme je ne me sens pas
responsable des guerres de religion du XVIIème siècle. C'est du passé,
je l'ai appris dans les cours d'histoire, c'est horrible, c'est triste
mais c'est bel et bien fini. Je n'ai d'ailleurs jamais connu personne
qui a été esclave, et c'est le cas pour tous ceux qui liront mon texte.
Il y a deux cent ans, je ne sais pas non plus où était ma famille, et
alors ? Il y a eu des guerres en Europe et ma famille a contribué à
l'effort mais c'est fini. Les nazis ont été horribles, pour autant
dois-je demander en permanence aux Allemands de la repentance ? Israël
ne devrait pas avoir de relations diplomatiques avec l'Allemagne ? Au
contraire, la France et l'Allemagne sont désormais les meilleurs amis
du monde, et cela va bien pour nous, merci. La France ne peut rien
faire de plus que condamner son passé esclavagiste, le regretter (et
nous l'avons fait), nous avons aussi une journée nationale et des
chercheurs qui travaillent sur la question. A t-on empêché un seul
chercheur de bosser sur ce sujet ? Des noms ! Alors oui, je n'en peux
plus de ces histoires.
Pourtant je comprends qu'on puisse s'y
intéresser, et surtout si l'on est Noir, je peux comprendre qu'on y
soit sensible. Ecoutons Lilian Thuram qui, interviewé dans le dossier a
des propos réconfortants et sereins (comme toujours), "si je
m'intéresse à l'esclavage ce n'est pas pour compter les morts et les
souffrances, ni dans un esprit de revanche contre les Blancs. Je ne
veux pas m'enfermer dans un statut de "descendants d'esclaves" qui
aurait des droits à part. Ni dans le ressentiment. mais je veux
avancer, répondre à mes enfants, je dois connaitre le passé qui a
façonné notre psychologie. C'est la seule façon de se
libérer de tout cet héritage". C'est bien le problème justement, nous
ne sommes que dans la psychologie...
La représentatitivé des Noirs
en France en revanche est un sujet qui me passionne, ça ce sont des
faits et c'est l'avenir. C'est une vraie question car le racisme, oui
il existe et s'il est corrélé avec cette vieille question de
l'esclavage, ce n'est pas si simple. Car les Arabes en sont eux aussi
victimes ! Et pourtant, la littérature européenne du XIXème a magnifié
la figure de l'Arabe et du Turc...
En tant qu'adhérent de SOS
Racisme et du MoDem, je continuerai à soutenir le combat contre les
discriminations, et toutes les dicriminations.
Mais les vraies
discriminations, parce que mes élèves par exemple voient de la
discrimination là où il y en a pas (on ne s'adresse pas à un patron
comme à son pote, ils ne font pas toujours la différence...). Il est
vrai que dès qu'il y a refus il y a doute sur la motivation du refus,
Lilian Thuram le dit aussi dans son interview, et il est très difficile
de voir si c'est votre personne qui est rejetée, ou la couleur de votre
peau. Le doute ne vous quitte jamais.
S'il y a bien une minorité
noire et que la question de la représentativité noire est une vraie
question, les Noirs sont avant tout des personnes avec des
personnalités différentes (la plupart de mes amis sont noirs, je sais de quoi je parle !), et non pas une communauté. Un Noir qui a
grandi en France est exactement comme moi, blanc persil (et
probablement même plus Français que moi qui suis à 45% italien), un homme
libre avec sa personnalité propre et son histoire personnelle. Je
comprends toutefois qu'être différent de la majorité engendre des des procédés psychiques
complexes, dû au rejet qu'on a pu susciter ici ou là (surtout si l'on a
grandi en milieu blanc). Moi-même j'ai souffert d'être blanc "cachet
d'aspirine", comme disaient mes camarades... car je ne sais pas si vous
l'avez remarqué, mais la mode est au bronzé ..!
Enfin, je voudrais
bien voir l'énergie de ceux qui réclament toujours plus de repentances
déployée à combattre l'esclavage moderne et non passé. Il y a de
l'espoir, de plus en plus en Noirs occupent des postes à responsabilité
: ma chef est Noire, et personne n'y trouve rien à redire. Bien sûr,
elle dit toujours que ça n'a pas été facile, mais elle y est arrivé. Si
elle a pu y arriver et parvenir à diriger une équipe de 70 personnes,
d'autres le feront. Mais tout n'est pas encore gagné, et je laisse le
dernier mot à un trentenaire Noir, Marvin, cité dans le Nouvel Obs :
"le jour où l'on verra comme à Londres, des banquiers en locks, on
pourra dire qu'on a gagné". Vivement demain !
Grenelle de l'Environnement : fin de la première phase (I)
La première phase du Grenelle de l'Environnement touche à sa fin. Les différents groupes de travail ont remis leurs propositions à Jean-Louis Borloo (Ministre d'Etat ; Ministre de l’Écologie, du Développement et de l’Aménagement Durables) et Nathalie Kosciusko-Morizet (Secrétaire d'Etat, chargée de l’Écologie).
Je prépare une synthèse et des commentaires ce week-end. On peut déjà trouver des informations sur le site officiel et sur celui des associations.
Le bilan semble pour l'instant mitigé : si des avancées intéressantes ont eu lieu, sur beaucoup de sujets la situation reste toutefois très décevante. La vigilance reste donc de mise, et il faudra s'exprimer fermement lors de la deuxième phase (consultation des publics).
26 septembre 2007
PénibilitéS du travail
Comme (presque)
toujours, Didier Adès et Dominique Dambert nous livrent un excellent cru de
"Rue des entrepreneurs" ce samedi 22 septembre sur France Inter.
Le thème ? "Qu'est-ce qu'un métier pénible?"
La
pénibilité du travail (dont on devrait parler au pluriel) est remise sur le
devant de la scène avec la réforme des régimes spéciaux de retraites. Mais elle
est loin de se limiter à des questions de financement ou d'équité. Elle
s'inscrit dans la problématique plus générale de la santé au travail, laquelle
est un des éléments clefs de la compétitivité des entreprises. Ainsi ces
questions doivent-elles être traitées, et pas seulement dans l'intérêt direct
des salariés concernés. La diversité des situations doit également être prise
en compte.
Tout est
dans l'émission (nombreux intervenants passionnants pendant trois quarts
d'heure), que je vous encourage à écouter (archives disponibles plusieurs
semaines) plutôt que de la retranscrire intégralement.
Voici tout
de même le teasing, que je recopie à partir du site de l'émission.
"Qu'est ce qu'un métier pénible
? Question simple maintes fois posée par les partenaires sociaux. Ils n'ont
jamais réussi à se mettre d'accord. D’autant que les patrons entre eux ne sont
pas d'accord, les syndicats de salariés non plus.
Le chantier est ouvert à nouveau à
l'occasion de la réforme des régimes spéciaux de retraite. Peut-on mesurer
objectivement la pénibilité de certains métiers ?
Un conducteur de TGV a moins de
charges physiques aujourd'hui mais plus de charges mentales, un stress
scientifiquement prouvé. Est ce que cela vaut un départ anticipé à la retraite
? Le travail a changé mais rythme élevé et manque de temps ont des effets sur
la santé physique et mentale.
Le mal de dos était disait-on la
maladie du siècle dernier, le stress est la maladie de ce siècle et dans bien
des cas on cumule les deux. Le débat sur la pénibilité est-il un faux débat ?
Le vrai débat n'est il pas celui de l'organisation du travail ?
La France dans ce domaine est un des
mauvais élèves de l'Europe. L'objectif est-il de préserver ou de défendre les
intérêts de quelques-uns ou de prendre en compte l'intérêt de tous?
La santé au travail c'est un enjeu
social et économique."
24 septembre 2007
AVERTISSEMENT ET MISE AU POINT
Notre propos sur ce blog n'est pas d'entrer dans la politique politicienne mais de nous occuper de questions de société concrètes, nous ne pouvons nous permettre de consommer du temps pour d'autres sujets. Cependant, trop, c'est trop.
De plus en plus de voix s'élèvent au sein du Mouvement Démocrate pour exprimer déception voire opposition aux pratiques qui ont cours.
Passons sur le chaos des élections législatives de juin et le gâchis de l'été qui n'a pas été mis à profit pour agir ni même pour communiquer.
Le semi-échec du forum démocrate qui s'est tenu à Seignosse il y a quelques jours est encore plus préoccupant. Certes, on savait déjà (immense déception) qu'il ne s'agirait pas des Assises de la Démocratie initialement prévues, mais on aurait pu penser que les choses se seraient mieux passées. Comment prétendre prôner et pratiquer ce que l'on n'est pas capable de s'appliquer à soi-même ?! C'est bien beau de parler de démocratie, de participation et d'écoute, mais il faudrait que cela se traduise dans les actes. Notre appréciation est moins sévère que certains comptes-rendus de blogueurs car de grandes avancées ont eu lieu, mais nous sommes néanmoins préoccupés (voire indignés) par certains événements. (Il ne s'agit pas seulement des conflits entre establishment UDF et nouveaux adhérents)
Nous ne reviendrons pas sur le détail, il suffit pour cela de surfer un peu dans la blogosphère pour se faire sa propre idée - même s'il faut mentionner que certains billets et commentaires sont injustifiés et mériteraient d'être rectifiés.
Si on fait un bref historique (forcément incomplet),
- Ciboulette a fait part il y a déjà longtemps de ses doutes puis de son départ, choisissant d'agir de l'extérieur ;
- Marie-Laure a relayé ses propres préoccupations et déceptions tout en restant active de l'intérieur, mais en souffrant de la situation ;
- et voilà que même MIP, l'incarnation militante, pousse son coup de gueule !
Cela devrait interpeller les élus et autres membres de l'UDF (Bayrou y compris) qui s'accrochent à leurs postes et au pouvoir : tiennent-ils tant que cela à vider leurs rangs ?
Il faut bien comprendre quelque chose : le MoDem, c'est une nouvelle façon de faire de la politique, sur un mode DE-MO-CRA-TI-QUE !!! Ce sont les militants qui font le parti, pas les cadres !! Ces milliers de personnes qui ont rejoint ce mouvement et croient en lui, ne sont pas venus pour retrouver les mêmes pratiques écoeurantes qu'ailleurs.
Que les choses soient claires : CE SONT LES ELUS ET LES CADRES QUI SONT LES INSTRUMENTS DES MILITANTS, ET NON L'INVERSE !!! Nous acceptons de nous démettre de nos prérogatives de citoyens uniquement parce qu'il faut des représentants et parce que nous vous accordons notre confiance, nous vous confions nos voix provisoirement et ne consentons à ce sacrifice que parce que le modèle athénien n'est pas applicable aujourd'hui. Mais c'est un échange gagnant-gagnant : vous êtes portés aux plus hautes sphères auxquelles vous aspirez, et nous avons des vecteurs de nos idées, représentant nos valeurs et appliquant notre programme.
Donc, ne craignez pas de vous présenter devant nous pour solliciter notre approbation, pour beaucoup d'entre vous vous savez très bien que vous recueillerez la majorité des suffrages car vous les méritez ; et pour ceux qui savent que ce ne serait pas le cas, eh bien il leur faut respecter la démocratie et le choix des militants, s'ils ne sont pas d'accord avec ces principes élémentaires ils n'ont pas grand chose à faire parmi nous et peuvent rejoindre d'autres formations en phase avec leurs idées (il n'y a pas de honte à être au PSLE ou ailleurs, chacun est libre de ses opinions ; et nous le répétons, nous ne sommes pas dans une démarche clanique, mais il y a des principes fondamentaux au sujet desquels il n'est pas question de transiger ni de barguigner).
Vous n'imaginez tout de même pas vous présenter devant nous lors du scrutin "reél" et recueillir notre voix, alors que vous ne l'auriez pas fait au préalable en interne ?! Faut-il vous rappeler que les nouveaux militants (et même l'électorat) du MoDem sont affranchis des pratiques classiques et n'hésiteront nullement à choisir un autre bulletin ou à voter blanc ? Il est tout de même stupéfiant que l'on doive réaffirmer sans cesse cette évidence : LES SUFFRAGES APPARTIENNENT AUX VOTANTS QUI LES EXPRIMENT ET PAS AUX CANDIDATS QUI LES RECUEILLENT.
Si vous vous complaisez dans des scores à un chiffre, alors effectivement continuez à ne rien lâcher ; mais si vous comptez reproduire les résultats du printemps voire décrocher le jackpot, il va falloir mettre votre orgueil dans votre poche, un mouchoir par dessus, et vous soumettre tout entiers aux décisions des militants, par des procédures de débats et de votes internes transparentes (et satisfaisantes : expression de tous les membres de la section, qu'ils puissent se rendre aux réunions ou pas, qu'ils aient accès à internet ou pas).
Ne négligez pas ces volontés et ces espoirs ; mieux, respectez-les, c'est dans votre intérêt, le nôtre, celui du pays.
Et gardez TOUJOURS cela à l'esprit :
ON VOTE SEUL
DANS L'ISOLOIR
Nous
nous adressons à présent aux militants que le découragement guette, aux
sympathisants hésitants, aux curieux.
Non, le MoDem ne va pas mal, il se construit, ce n'est pas facile, mais ce n'est pas un scoop (qui aurait eu la naïveté de croire le contraire ?!), et puis c'est compréhensible, car il y a aussi des facteurs humains qui entrent en jeu... mais il va falloir dépasser tout cela. Et nous invitons toutes les bonnes volontés à nous rejoindre ou à persévérer pour celles qui sont déjà membres (et il y en a, en nombre et de grande valeur), c'est de l'intérieur que nous pourrons faire bouger les choses, pour reprendre MIP nous sommes tous co-responsables de ce qu'il adviendra.
Oui, le MoDem joue gros, car s'il n'arrive pas rapidement à mettre en oeuvre ses principes il aura plus de mal à (re)gagner sa crédibilité auprès de l'électorat ; mais c'est justement la raison pour laquelle il faut continuer nos efforts, une grande partie du chemin est déjà parcourue, nous n'allons pas nous arrêter si près du but !!
Et en cas de difficultés, nous avons encore plusieurs cordes à nos arcs ! Un seul exemple, volontairement provocateur : François Bayrou flirte parfois avec la ligne jaune ? Qu'à cela ne tienne ! S'il la franchit trop loin et/ou trop souvent, nous choisirons un autre leader. C'est aussi simple que ça. Mais il est parfaitement conscient des enjeux et nous ne doutons pas qu'il saura adopter un comportement convenable, ainsi qu'écouter les militants et les laisser mettre en place des statuts leur donnant tout pouvoir. Non seulement il partage ces idées, mais c'est dans son propre intérêt.
Les clarifications viendront fin novembre lors du congrès fondateur. Qu'elles nous conviennent ou pas, nous agirons en conséquence.
En bref, nous sommes plus motivés
que jamais, dynamiques et
exigeants.
L'avenir le requiert !!!
23 septembre 2007
Ne pas remplacer un fonctionnaire sur deux : mission impossible
Interview de Santini sur les fonctionnaires
Vidéo envoyée par rue89
André Santini, toujours aussi lucide et habile sous-entend que ne pas remplacer un fonctionaire sur deux c'est impossible puisque l'Etat n'a pas la main sur tout, et que certains postes ne sont pas concernés. L'Etat n'a notamment pas la main sur la fonction publique territoriale, celle-là même qui recrute pas mal et sur laquelle on transfère beaucoup de postes, par exemple les agents de service des établissements scolaires... Payer moins d'impôts nationaux pour payer plus d'impôts locaux ... voilà les réductions promises par la droite... Qu'on me comprenne bien, moi aussi je suis pour l'argent public employé à bon escient et si des postes de fonctionnaires sont inutiles eh bien qu'on les supprime mais pas à n'importe quel prix.
Déficit de la sécurité sociale...
On le sait, on va continuer à dérembourser nos médicaments et à nous imposer un nouveau dispositif : la franchise. Et pourtant la Sécurité Sociale continue à afficher des déficits records. Quelques idées en vrac :
1- Fusionner tous les centres de sécu (MGEN, MSA, Branche générale...) car certaines branches de la Sécurité Sociale sont excédentaires.
2- Mais surtout Elargir l'assiette des taxations. Les stocks-options, intérêts bancaires, plus-values sur valeurs boursières, indemnités de licenciement, tickets restaurant, chèque-vacances... doivent être taxés, car ce sont aussi des revenus, non ? Voir à ce sujet la position de la Cour des Comptes relayée dans un article de L'Expansion.
Peut-être même qu'avec cette manne inespérée, on pourrait enfin supprimer la RDS de nos bulletins de paie...
20 septembre 2007
Brève - Euthanasie
Le décès de l'actrice Maïa Simon
par "suicide médicalement assisté" en Suisse remet ce sujet sur le
devant de la scène.
- le "laisser mourir"
(arrêt des soins et de l'acharnement thérapeutique, parfois appelé euthanasie
passive)
- le "suicide
médicalement assisté"
- l'euthanasie elle-même (parfois
appelée euthanasie active ; je n'ose écrire "homicide médicalement
assisté" car le terme est lourd de sous-entendus...).
17 septembre 2007
Test ADN pour le regroupement familial...
Notre gouvernement évoque la possibilité d'effectuer des tests ADN. Je suis entièrement d'accord avec l'avis publié sur ce blog dont je ne connais pas l'auteur. Aussi je vous y renvoie sans vergogne...
Edit : pour plus de visibilité, voici des liens vers la pétition et vers le blog de MIP qui a rédigé de nombreux articles très utiles sur le sujet et les moyens d'action.
Nouvelle pétition préparée par SOS RACISME et Charlie Hebdo ici
François Bayrou revient...
Après un bien long et pesant silence estival, François Bayrou revient enfin s'exprimer dans les médias.
A (ré)écouter par exemple, son interview dans Le Franc Parler sur France Inter (avec i-télé et le monde).
Il s'exprime notamment sur les propos de Bernard Kouchner évoquant une possible entrée en guerre contre l'Iran (non contredits par l'Elysée et Matignon), sur ce que cela impliquerait (et implique déjà, par exemple en termes d'image de la France dans le monde), et la gravité de la situation.
Il parle également du Mouvement Démocrate et de politique intérieure. La réforme des retraites est abordée et il rappelle que les régimes spéciaux ne pèsent que pour un très faible pourcentage dans le déficit de financement qui s'annonce : leur réforme répond donc à un souci d'équité et non de financement, il ne doit pas s'agir d'un bouc émissaire ni de l'arbre qui cache la forêt.
Le Revenu de Solidarité Active (RSA)
Lorsqu'on est au chômage et qu'on reprend une activité, on perd parfois de l'argent, car on perd des aides et allocations réservées aux chômeurs. Evidemment, ce n'est pas normal de travailler et de gagner moins, cela incite à la fainéantise et à l'assistanat. Là encore les gens qui refusent de travailler pour gagner moins d'argent ne sont pas à blâmer, c'est notre système ubuesque qui en est responsable. Aussi, notre président propose de créer un RSA qui permettrait de ne pas perdre d'argent en prenant un travail. Je n'entrerai pas dans les détails mais disons que par rapport au rapport Hirsch de 2005 qui en est à l'initiative, il y aura beaucoup moins de bénéficiaires que prévu (on en est de tout façon à la phase expérimentale). Comme les économistes qui témoignent dans le numéro d'Alternatives Economiques de ce mois, ma position est claire sur le sujet. Je suis d'accord avec le constat. En revanche, pas avec les formes, je suis pour une simplification de toutes les formes d'aides sociales et de tous les contrats. Ce RSA tendrait à déculpabiliser les patrons de créer des petits boulots, et contribuerait probablement au développement de la précarisation.
Pour contrer cela, je crois qu'il faut fondre tous les minima sociaux (vieillesse, RMI, ASS, AAH, futur RSA, Allocations diverses comme mère célibataire...) et les faire gérer par un organisme unique qui pourrait d'ailleurs fusionner avec la CAF. Nous établirions de combien nous avons besoin pour vivre a minima. Cela permettrait d'étudier exactement pour chaque individu ses droits mais aussi d'éviter la fraude. Je peux vous dire par exemple que les APL et les ALS sont distribués n'importe comment, je les ai touchées alors que je vivais très confortablement et je n'ai pourtant pas resquillé... On peut également se poser la question de l'allocation de rentrée scolaire, de la prime pour l'emploi et même des allocations familiales (sujet tabou aujourd'hui mais je ne m'interdis rien, il y a trop d'êtres humains sur la Terre, on fait semblant de ne pas le voir).
Je crois qu'il faut rénover le système de fond en comble, pour ne plus laisser les salariés vivre dans la rue, pour continuer à rembourser nos médicaments et nos soins et même pour se payer le luxe de faire de la véritable prévention médicale, pour avoir une fin de vie décente et non pas attendre dans un mouroir, pour financer la recherche et pour bannir de notre vocabulaire cette expression nouvelle de "travailleur pauvre", pour tout cela, pour l'avènement d'une société à la fois plus solidaire et plus responsable, je crois qu'il faudrait gérer nos fonds sociaux avec plus de transparence et de bon sens. N'empilons pas les mesures, décrétons qu'un Français ne devrait jamais percevoir moins de X euros par mois.